Reprendre, c’est aussi entreprendre

Les jeunes ne sont pas assez sensibilisés à la reprise, ils valorisent plus la création alors que le taux de réussite des reprises est bien supérieur. Une chronique de Marine Falize, associate professor et directrice de la Chaire Familles en Entreprises, Ichec Brussels Management School.

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Actuellement, la tendance est à la création. Les jeunes se lancent dans l’entrepreneuriat par cette porte d’entrée et les structures existantes leur permettant d’y arriver sont nombreuses. Mais il n’est pas toujours nécessaire de passer par cette étape pour être entrepreneur…

Suivant les chiffres officiels de Statbel, la croissance de la population ainsi que l'évolution de la pyramide des âges montrent un effet papy-boom qui va avoir des répercussions sur le nombre d'entreprises à transmettre. L'âge du dirigeant est une cause majeure de la transmission. D'ici 2025, plus d'une dizaine de milliers d'entreprises familiales et non familiales seront à remettre. Les sociétés familiales sont une pierre angulaire de l'économie belge. Elles représentent 77 % des entreprises, génèrent 45 % de l'emploi privé et près d'un tiers du produit intérieur brut (PIB).

En bref : en 2020, la Région de Bruxelles-Capitale comptabilisait 113 194 entreprises assujetties à la TVA ; 77 % des entreprises belges sont familiales ; 61 % des futurs cédants dans les deux ans n’ont pas encore trouvé de repreneur ; 23 % des entreprises belges peuvent disparaître faute de repreneur

La transmission d’entreprise

La majorité des cédants ne sont pas préparés et n’ont pas encore trouvé de repreneurs potentiels. Les différentes Régions en Belgique ont compris l’importance de cette problématique. Afin de préparer aux mieux ces successions, elles mettent en place des structures et des subsides pour accompagner les cédants mais aussi les repreneurs. La Belgique est un pays de PME et leur transmission, qu’elle soit familiale ou non familiale, aura un impact tant sur le plan économique que social.

Une reprise est rarement réussie si la prise en compte de l’adéquation des besoins, envies et valeurs du cédant et du repreneur n’est pas explicite. Que ce soit en famille ou non, cette thématique relève encore très fort de sujets tabous. Il est donc capital de pouvoir les aborder en confiance et bienveillance dans un cadre structuré composé de professionnels. C’est ce qui est proposé à la Chaire Familles en Entreprises de l’Ichec Brussels Management School.

La Maison du Repreneuriat

Pour répondre à cette problématique, la Chaire Familles en Entreprises lance le premier accélérateur de transmission/reprise d’entreprise à Bruxelles : la Maison Du Repreneuriat.

Fruit d’une collaboration entre l’Ichec Brussels Management School et l’Ephec, la Maison du Repreneuriat proposera un cycle de formation et un accompagnement sur mesure tant pour les cédants que les repreneurs d’entreprises familiales ou non familiales. L’objectif de cette structure est d’aider les cédants ainsi que les repreneurs à comprendre les enjeux du processus de transmission/reprise afin que celui-ci se déroule au mieux pour toutes les parties prenantes.

Les personnes intéressées par cette thématique sont les bienvenues lors de notre évènement de lancement qui se déroulera le 5 mai prochain. Le cycle de formation durera six mois (entre juin et décembre 2022) et abordera les différents éléments clés d’une transmission/reprise tels que le ciblage, le diagnostic, la valorisation ou encore la négociation.

Ce programme est entièrement gratuit la première année grâce au soutien de la Région Bruxelles Capitale.

La Chaire Familles en Entreprises de l’ICHEC Brussels Management School : Roxane De Hoe, Marine Falize, Eugénie Gillot et Marie Mahieu. Contact : family@ichec.be