Les entreprises doivent donner la priorité au "reskilling"

Les compétences numériques sont indispensables aux emplois du futur. Une chronique de Lien Ceulemans, Country Leader Salesforce Belux.

Grâce aux plateformes d'apprentissage en ligne, les collaborateurs évoluent et peuvent occuper de nouvelles fonctions.
Grâce aux plateformes d'apprentissage en ligne, les collaborateurs évoluent et peuvent occuper de nouvelles fonctions. ©Shutterstock
Contribution externe

Selon les pronostics de McKinsey, le monde connaîtra, au cours de la prochaine décennie, de plus grands progrès technologiques qu'au cours des cent dernières années. Mais qui dit technologie, doit aussi penser aux compétences. Or, il ressort de plusieurs études que celles-ci manquent cruellement. Les compétences numériques sont indispensables aux emplois du futur. Malheureusement, tout le monde n'a pas encore accès aux formations requises.

La pandémie n'a fait que rendre plus manifestes les besoins en compétences numériques. Le terme "numérique" à lui seul peut d'ailleurs s'interpréter dans un sens très large. Cela va de l'usage d'un smartphone à l'utilisation d'une intelligence artificielle (IA) ou d'outils de marketing et d'analyse numériques. Le télétravail a aussi fait son entrée dans la plupart des entreprises, pour collaborer à distance ou pour sauvegarder des fichiers dans le cloud. Ces compétences sont désormais tout aussi importantes que savoir lire et écrire.

Investissez dans les compétences !

La pénurie de compétences constitue un réel défi sociétal. Toutes les entreprises sont à la recherche de personnes qui disposent des compétences cruciales pour leur transformation numérique. Plus de la moitié des organisations ont conscience que cette pénurie entrave leur évolution numérique et leur fait perdre un avantage concurrentiel. Pourtant, dans de nombreuses entreprises, les budgets alloués aux talents restent inchangés, quand ils ne sont pas revus à la baisse.

Pour résoudre cette équation, il faudrait repenser la manière dont nous engageons de nouveaux talents. Dans ce contexte, il vaut peut-être mieux se fier à l’attitude des candidats pour le recrutement, et considérer que les compétences tant convoitées peuvent toujours s’acquérir par la suite. Après tout, bien des savoir-faire mentionnés dans ces descriptions de fonction ne seront plus pertinents d’ici cinq ans. Il faudra de toute façon investir dans la formation.

Accueillez le capitalisme participatif !

Les dirigeants d’entreprise doivent ici prendre leurs responsabilités pour préparer les gens à l’avenir. Le baromètre Edelman Trust montre que les entreprises jouissent d’une plus grande confiance que le gouvernement et que le rôle des organisations est donc en pleine mutation. L’avenir appartient aux entreprises qui sauront accueillir l’avènement du capitalisme participatif et apporter une valeur ajoutée pour tous, travailleurs ou clients, ainsi que les communautés et la planète. Cette mission est plus importante pour les entreprises technologiques.

La demande de nouvelles compétences constitue une occasion unique d’impliquer d’autres groupes cibles sur le marché du travail. Nous devons aussi offrir davantage de chances et de possibilités aux personnes porteuses d’un handicap. Pour combler l’actuel fossé de compétences, nous devons donc élargir nos horizons et changer nos habitudes dans notre quête de talents.

Atteindre les talents tant en interne qu’en externe

Il ressort de notre propre enquête que trois travailleurs belges sur dix n'ont pas accès à des formations dans leur entreprise. C'est d'autant plus étonnant que les entreprises qui n'investissent pas dans la formation et le reskilling se tirent une balle dans le pied. Proposer une plateforme innovante et accessible à ses travailleurs n'est efficace que s'ils sont capables de l'utiliser. Les entreprises doivent donner la priorité à la formation et au reskilling.

Grâce aux plateformes d’apprentissage en ligne, les collaborateurs évoluent et peuvent occuper de nouvelles fonctions. Nous formons également des talents au-delà des murs de notre entreprise, pour leur permettre de trouver une place dans notre écosystème. Nous collaborons avec des universités et soutenons nos partenaires via divers projets et initiatives. Citons MolenGeek, une organisation bruxelloise qui aide des jeunes issus de quartiers défavorisés à trouver leur voie dans la société numérique et avoir ainsi accès au monde des entreprises

De nouveaux postes

Offrir des programmes d’apprentissage n’est qu’une pièce du puzzle. Il faut aussi communiquer et sensibiliser. Il ressort de notre enquête que la moitié des personnes interrogées craignent que l’IA et l’automatisation supplantent leur emploi. Nous devons davantage leur montrer à quel point les solutions numériques amélioreront leur vie et insister sur leur impact sociétal positif. En tant qu’entreprise technologique, c’est notre responsabilité.

Bien sûr, beaucoup d’emplois et de fonctions seront amenés à disparaître au profit d’un algorithme. Mais la transformation numérique créera une multitude de nouveaux postes, pour lesquels nous aurons besoin de travailleurs qualifiés. Nous devons en outre évoluer vers un monde où travailleurs et entreprises peuvent être productifs en toutes circonstances, qu’ils travaillent chez eux, au bureau ou ailleurs.

Il faut donc investir dans les compétences numériques pour pourvoir les nouveaux emplois et permettre la transition vers un monde hybride, mais aussi pour accélérer la reprise économique et favoriser la croissance sur le long terme. Car investir dans les compétences revient à investir dans le bien-être de votre entreprise et dans celui de la société. En tant que dirigeants d’entreprise, c’est notre devoir.

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