L'intrapreneuriat, ou comment encourager les employés à atteindre les objectifs de durabilité

L'entreprise doit valoriser l'audace et l'esprit d'innovation de ses collaborateurs. Une chronique d'Anastasia Sélénia et Angelucci Anaïs, doctorantes en entrepreneuriat à l’UCLouvain et par Jacquemin Amélie, professeure en entrepreneuriat à l’UCLouvain.

Contribution externe
L’intrapreneuriat favorise la proactivité des salariés au développement de projets innovants.
L’intrapreneuriat favorise la proactivité des salariés au développement de projets innovants. ©Shutterstock

L’Agenda 2030 des Nations-Unies fixait 17 objectifs de développement durable (ODD). Cet horizon 2030, c’est demain. Il est de notre responsabilité d’agir en faveur des défis sociétaux. C’est possible à l’échelle d’un individu, d’un ménage, d’une famille, mais aussi au niveau des entreprises en leur sein ! En effet, l’entreprise peut inciter à une démarche entrepreneuriale en son sein, c’est ce qu’on appelle plus couramment l’intrapreneuriat. A travers cette démarche, elle favorise la proactivité des salariés au développement de projets innovants. Dès lors, le rôle de l’organisation est d’augmenter le potentiel de ses collaborateurs à identifier les opportunités d’affaires durables et créer des intentions à les "intraprendre". Or, ce passage à l’action nécessite que les membres perçoivent l’opportunité comme désirable et faisable.

Désirabilité et faisabilité

La désirabilité dépend de l’attitude personnelle du salarié mais également des normes sociales valorisées par l’organisation. Ainsi, l’évaluation des conséquences d’un futur projet, les récompenses intrinsèques dont l’individu peut bénéficier mais aussi les comportements valorisés par l’organisation sont autant de facteurs qui influencent le collaborateur à intraprendre. Il est donc important que l’entreprise valorise des valeurs telles que l’audace, l’innovation et la durabilité.

La faisabilité, quant à elle, correspond à la perception que les individus se font de leur propre potentiel. Ils doivent se sentir efficaces et capables de mener à bien leur projet. Cependant, la faisabilité repose également sur la croyance des intrapreneurs dans le potentiel des autres membres de l’organisation. En effet, l’intrapreneuriat nécessite de convaincre et de s’associer à d’autres salariés. Dès lors, il est important que l’entreprise et ses membres apportent leur soutien émotionnel aux individus porteurs de projets afin d’accroitre la confiance de l’intrapreneur en ses propres compétences et en celles des autres.

Et concrètement ?

L’entreprise peut utiliser des méthodes de benchmarking afin de renforcer la motivation des intrapreneurs. Par exemple, elle peut mettre en avant des projets durables lancés par d’autres entreprises pour communiquer sur son désir de développer des projets similaires et renforcer le sentiment d’accessibilité. L’entreprise devrait également favoriser le travail en équipe. En effet, à travers la collaboration, les individus se complètent en termes de compétences et d’idées mais s’associent aussi à d’autres travailleurs motivés par ces idéaux de durabilité.

Certains managers peuvent être désignés comme mentors pour véhiculer et communiquer au sein de leur département un signal clair selon lequel l’entreprise encourage à la poursuite de nouvelles opportunités durables. Dès lors, cette diffusion permet le changement des mentalités et des normes encrées favorisant la création de projets, même si, finalement, toutes les idées émises ne seront pas retenues. L’intrapreneuriat passe donc aussi par une culture de l’échec valorisant les processus d’essais-erreurs et d’apprentissage.

Enfin, l'entreprise devrait proposer en interne des formations permettant de comprendre la complexité des enjeux de la durabilité et mieux percevoir les solutions, les opportunités, qui y sont liées. L'outil "fresque du climat" est parfait pour ce type de formation.

En amont, au niveau des universités, de plus en plus d’outils et de programmes de cours pensés et offerts de façon multidisciplinaire se développent autour des enjeux de la durabilité. A l’UCLouvain, en entrepreneuriat, nous demandons aux étudiants.es de penser leurs projets en fonction des ODD auxquels ils souhaitent contribuer. Ces futurs entrepreneurs ou intrapreneurs seront donc prêts à œuvrer ensuite pour une société plus durable.