Energie, matières premières, alimentation... Comment accélérer le financement des transitions durables ?

Une chronique signée Hans Stegeman, économiste et stratège en chef chez Triodos Investment Management.

Contribution externe
Les entreprises actives dans les énergies renouvelables sont à la traîne en termes de performances financières, alors que celles actives dans les combustibles fossiles surperforment depuis le début de la guerre en Ukraine.
Les entreprises actives dans les énergies renouvelables sont à la traîne en termes de performances financières, alors que celles actives dans les combustibles fossiles surperforment depuis le début de la guerre en Ukraine. ©Alexis Haulot

Nous sommes confrontés à une série de transitions durables importantes – il suffit de penser à la transition énergétique. À cet égard, le secteur financier joue un rôle non négligeable. Il est nécessaire d’accélérer le financement des transitions.

La guerre en Ukraine renforce encore la nécessité de transitions durables : dans le domaine de l’énergie, des matières premières (économie circulaire), de l’alimentation et de la nature. Le secteur financier est-il un catalyseur du changement ou ralentit-il plutôt les transitions nécessaires ? Malheureusement, la réglementation financière actuelle pérennise la situation existante. Les entreprises peuvent en effet continuer à polluer et à épuiser les ressources naturelles. Aux yeux du monde des affaires, la durabilité est donc encore trop souvent un risque plutôt qu’une nécessité.

De nombreuses institutions financières se sont engagées à atteindre la neutralité carbone. Mais en général, le secteur financier ne fonctionne pas conformément aux objectifs de Paris. Il y a peu de progrès et beaucoup de fonds publics et privés vont encore aux combustibles fossiles.

À court terme, nous constatons que les entreprises actives dans les énergies renouvelables sont à la traîne en termes de performances financières, tandis que celles actives dans les combustibles fossiles surperforment depuis le début de la guerre en Ukraine. Mais on ne peut pas encore parler d’un déraillement de la transition énergétique.

Comment accélérer le financement des transitions ?

Nous voyons quatre façons d’accélérer le financement des transitions indispensables :

  • Prendre en compte les différents types de risques – physiques, de transition et de réputation.
  • Réglementer l'économie réelle et le secteur financier en direction des transitions. Un prix mondial du carbone serait utile, mais je n'y crois pas trop. La taxonomie européenne (avec ou sans gaz et énergie nucléaire) est un pas dans la bonne direction, c'est mieux que rien.
  • Mettre en place un financement mixte (ressources provenant du secteur public et d'initiatives privées), soutenu par une politique monétaire incluant des tests de résistance climatique.
  • Des investissements catalyseurs et des décisions fondées sur la valeur de la part des institutions financières. Mais actuellement, les financiers prêts à prendre des risques pour soutenir les projets de transition font défaut.

Avons-nous assez de temps ? Nous avons les outils, alors pourquoi ne pas les utiliser plus rapidement, plus largement et mieux ? Telle est la question pour les mois à venir : nous devons accélérer la transition. Non seulement pour les objectifs de durabilité à long terme, mais aussi pour chauffer nos maisons l’hiver prochain, pour lutter contre la faim et pour disposer de métaux et de minéraux dans les années à venir.