Quelles conséquences du métavers sur les utilisateurs ?

Quelles sont les technologies employées dans le métavers ? Une chronique signée Quentin Sellier, doctorant (LouRIM – Louvain Research Institute in Management and Organizations).

Contribution externe
S'immerger grâce à un casque de réalité virtuelle.
S'immerger grâce à un casque de réalité virtuelle. ©BELGAIMAGE

Il y a maintenant un an, la maison mère de Facebook changea son nom pour Meta, lançant officiellement la ruée vers le métavers. Depuis lors, de nombreuses personnes se sont appliquées à expliquer ce concept et, une chose est sûre, les définitions divergent. La réalité est qu’il est encore trop tôt pour donner une définition exacte tant l’application concrète de ce métavers semble éloignée. Il existe cependant une caractéristique majeure sur laquelle tout le monde s’accorde : l’utilisation de technologies immersives.

Le métavers et les technologies immersives

Pour beaucoup de personnes, le métavers aura lieu dans un monde entièrement virtuel. Pour y accéder, rien de plus simple : s’équiper d’un casque de réalité virtuelle. Dans les faits, de nombreuses technologies permettent de s’immerger dans une réalité alternative, la réalité virtuelle n’en étant qu’une parmi tant d’autres. Nous pouvons notamment citer la réalité augmentée, permettant de faire le pont entre notre réalité et celle du métavers. Une autre possibilité plus exotique est l’utilisation d’interfaces cerveau-ordinateur, connectant directement le conscient de l’utilisateur à un monde alternatif.

Outre le choix de la technologie, le futur est incertain. Il est possible que, d’ici l’adoption généralisée d’un réel métavers, de nouvelles technologies encore inconnues aujourd’hui deviennent la norme. De plus, dans la mesure où le métavers a pour objectif de connecter différents univers, il est probable qu’une combinaison de ces technologies soit nécessaire afin de profiter pleinement de ses possibilités.

Les possibilités sont ainsi nombreuses et annoncer dès maintenant une technologie gagnante serait hautement spéculatif. Vient alors la question : comment étudier les conséquences sur les individus si nous ne pouvons pas nous rattacher à une technologie en particulier ? Pour cela, nous devons plutôt nous concentrer sur le service qu’elles essayent toutes de fournir : brouiller la frontière entre le réel et le virtuel, et simuler un monde alternatif paraissant aussi réel que celui que nous connaissons.

L’impact sur les individus

Dans le cadre de nos recherches menées à l'UCLouvain, nous nous intéressons à l'impact des nouvelles technologies immersives sur les consommateurs. Lors de notre dernière étude, des volontaires ont pu interagir avec un catalogue digital d'une marque fictive de meubles. La particularité de ce catalogue est qu'il est contrôlable de deux manières différentes : soit avec une souris, fonctionnant comme n'importe quel site web, soit en mode "interaction gestuelle". Pour ce dernier, l'utilisateur doit réaliser des mouvements dans le vide avec la main au-dessus d'un capteur. De nombreux gestes sont implémentés et permettent d'exécuter différentes actions : pointer avec l'index pour sélectionner, mettre un pouce en l'air pour liker un article, etc.

Il ressort que l’interaction gestuelle plonge les utilisateurs dans un état d’immersion plus avancé qu’en utilisant une souris. Outre cette conclusion sur l’immersion, cette étude nous permet également d’observer le rôle des technologies immersives sur l’expérience des consommateurs. Nous avons ainsi pu observer que cela procure aux utilisateurs une expérience plus amusante, stimulante et globalement plus satisfaisante. Dans une société où les entreprises ne vendent plus de simples produits mais bien une expérience globale, maîtriser ce type de technologies confère un avantage compétitif majeur.

Avec de tels enjeux, il n’est pas étonnant qu’autant d’acteurs entrent dans la course au métavers. Seul le futur nous dira dans quelle direction nos mondes évolueront, qu’ils soient réels, alternatifs ou mixtes.