Une start-up qui allie croissance et transition écologique, c'est possible ?

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Contribution externe
La chasse à la licorne est devenue le sport des investisseurs les plus ambitieux.
La chasse à la licorne est devenue le sport des investisseurs les plus ambitieux. ©D.R.

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Le petit monde des start-up et du venture capital a connu une sorte de point d’inflexion vers 2010 : la réalisation que l’avènement du tout au digital rendait possible l’apparition de start-up à la croissance vertigineuse, qui pouvaient séduire des dizaines de millions d’utilisateurs en quelques années, et atteindre des valorisations du milliard de dollars ou davantage (ce qui était du jamais vu en aussi peu de temps). Pour refléter la rareté de ces exemples que l’on aurait cru impossibles, on les a surnommés "licornes" dans un article de 2013. C’était le cas d’Instagram, de Whatsapp (rachetées 2 et 16 milliards par Facebook), ou encore d’Uber, AirBnb, Stripe, Lime, etc.).

La chasse à la licorne est devenue le sport des investisseurs les plus ambitieux. D'un point de vue économique, cela se comprend aisément : la licorne devient un gros créateur d'emplois et de valeur. J'ai encore pu m'en rendre compte en parcourant avec Fabien Pinckaers les allées de Odoo Experience, un événement qui regroupait à Brussels Expo sur 3 palais les 12 000 personnes membres de l'écosystème Odoo : "Les 3/4 des gens viennent de l'étranger et la plupart développent leur business en offrant des services autour d'Odoo". Odoo compte 2 500 employés aujourd'hui et a l'intention d'en recruter 1 400 dans l'année qui vient…

Passons à présent à une autre grande tendance, plus récente : celle d'une économie durable, verte, pour un monde en transition, et avec un grand sentiment d'urgence. Les acteurs que je rencontre dans ce milieu-là sont souvent animés par un why, une raison d'être qui les pousse à changer le monde en mieux, quelque chose que je respecte énormément. Très vertueux dans leur environnement, ces projets sont souvent petits, locaux, structurés dans des formes (asbl, coopératives) qui ont leurs avantages, mais qui sont moins évidentes à investir et à scaler dans une dynamique d'hyper-croissance.

Je me prends à rêver d’un meilleur des deux mondes : une "licorne verte", qui aurait une dynamique, des moyens, des partenaires partout dans le monde d’une façon comparable à une licorne, et un objectif vertueux, et une gouvernance appropriée, pour réformer la planète de façon massive. Certains pensent que c’est vouloir l’impossible, mélanger l’huile et l’eau, que c’est un objectif chimérique. Mais n’est-ce pas là le propre des licornes ?

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