Une chronique signée Max Swerdlow, directeur Belgique & Luxembourg chez Salesforce, à l’occasion de la Journée mondiale de l'environnement.

Ces derniers mois, la pandémie Covid-19 nous amène plus encore que d’habitude à nous pencher sur l’importance de notre environnement naturel et sa défense. Au cours des mois à venir, le rôle des entreprises dans la construction d’un avenir durable se fera encore plus crucial, qu’il s’agisse de développer des produits plus durables, de bien utiliser les technologies ou de déployer des modèles économiques plus verts.

Mieux encore, des parallèles peuvent être tirés entre le changement climatique et le Covid-19. Aux yeux de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et du Forum Economique Mondial, ces deux défis requièrent une démarche planétaire, une vision à long terme et l’implication des entreprises. Une réduction de la pollution de l’air et des émissions de CO2 en raison d’un recul des voyages et des trajets domicile-travail semble être une bonne nouvelle, porteuse d’espoir, au beau milieu d’une crise sanitaire mondiale, mais il est important d’y voir le résultat d’une collaboration. Trop longtemps, les entreprises ont totalement négligé les conséquences de leur actions sur l’environnement et ont considéré le durable comme “une option”, par exemple lors de l’achat d’une voiture. Les entreprises font grand cas des “stakeholders” - parmi eux les employés, les partenaires et la collectivité - mais il n’y a pas de plus grande partie prenante que la planète.

Un billion d’arbres

Permettez-moi de prendre ma propre entreprise en exemple - parmi tant d’autres. Salesforce tend à mettre sa culture d’innovation au service d’un avenir durable qui profite à chacun et chacune d’entre nous. D’ici 2022, nous désirons par exemple consommer 100% d’énergies renouvelables pour l’ensemble de nos activités, procurer des services cloud neutres en carbone à tous nos clients et, dans le même temps, nous plaidons en faveur d’une politique qui engage la planète et les régions où nous sommes présents dans la voie d’une économie à faible intensité carbonique.

Voilà pourquoi nous endossons un rôle de pionnier dans l’initiative mondiale Mille milliards d'arbres. Sous l’égide du Forum Economique Mondial, un groupe d’entreprises désire faire pousser, restaurer et conserver un billion d’arbres dans le monde d’ici 2030. C’est également la raison pour laquelle nous avons participé à porter la Step Up Declaration sur les fonds baptismaux: une alliance qui désire recourir aux nouvelles technologies afin de réduire les émissions de CO2 dans tous les secteurs d’activités économiques. Nous croyons que les technologies et les outils peuvent jouer un rôle important, d’une part, dans la détection et la gestion des émissions et, d’autre part, dans la promotion de mesures climatiques qui pourront accélérer l’évolution vers la neutralité carbone.

Comment une société peut-elle se transformer en champion du durable?

En tout premier lieu, les entreprises doivent faire en sorte que leurs objectifs durables s’alignent sur leur stratégie de croissance à long terme et sur leurs priorités financières et opérationnelles. Prenez vos décisions en vous appuyant sur des valeurs, cela vous permettra d’expliquer des projets durabilité. Si une entreprise prend des décisions sur base de données purement économiques, elle pourra faire de la durabilité un modèle économique. Bien entendu, chaque entreprise présente une envergure - et une empreinte CO2 - différentes mais chacune peut donner la priorité au durable et la gérer comme n’importe quel autre objectif opérationnel.

Ensuite, mesurer permet d’évaluer. Une communication transparente avec les différentes parties prenantes est source de confiance. Or, si vous gagnez la confiance d’autres acteurs, vous pouvez également les inspirer. Vous pouvez parfaitement tenir les principales parties prenantes au courant de votre progression par le biais de votre rapport annuel. Ils pourront ainsi constater que votre démarche ne relève pas du seul domaine de la théorie et cela aura par ailleurs pour effet de préciser le cadre dans lequel les actions prises s’alignent sur les intérêts des diverses parties prenantes. En veillant à bien s’insérer dans la collectivité et en s’appuyant sur la passion qu’ont les collaborateurs pour le durable, je suis persuadé que le monde de l’entreprise peut devenir la meilleure plate-forme de changement possible.

Les attentes des stakeholders

Tout comme c’est le cas avec la crise sanitaire mondiale que nous traversons, nous ne pouvons relever seuls les défis du changement climatique. Les dirigeants doivent être visionnaires, se projeter plusieurs années, voire plusieurs décennies, dans l’avenir. Et en appeler à prendre dès à présent des actions audacieuses. En tant qu’entreprise, nous ne possédons évidemment pas toutes les réponses mais en rassemblant les gens, en collaborant avec d’autres entreprises, avec le secteur public et avec les ONG, nous pouvons franchir un pas important vers le changement.

De plus en plus, les entreprises prennent conscience que leurs activités, leurs valeurs et leur aptitude à engranger des bénéfices s’inscrivent dans une interdépendance toujours plus étroite. Toutes les parties prenantes y accordent une importance allant croissant, en particulier les jeunes - ces futurs clients, employés et partenaires. Si vous ne desservez pas les intérêts de la planète, vous ne desservez pas non plus leurs intérêts. La Journée de l'environnement nous rappelle, à chacun et chacune, de profiter davantage de la nature, de choyer l’environnement et de réduire notre impact sur la planète. Ensemble, nous pouvons entreprendre dès aujourd’hui les actions dont nous savons être celles que l’on attendra de nous tous, demain.