CO-ENTREPRENEUR CAFÉ #19 Le concept de "formation continue" date déjà un peu, et pourtant il est plus que jamais d’actualité: dans une société traversée par de profonds changements, celui qui ne se (re) forme pas se destine à une forme d’obsolescence auto-programmée!

– Chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, directeur de AI Black Belt, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur

En cette période (encore) de rentrée, c’est un bon moment pour interroger ses motivations d’apprentissage. Le concept de "formation continue" date déjà un peu, et pourtant il est plus que jamais d’actualité : dans une société traversée par de profonds changements (technologie, digitalisation, new ways of working, etc.), celui qui ne se (re) forme pas se destine à une forme d’obsolescence auto-programmée !

Cette approche, j’essaie de me l’appliquer à moi-même : je suis un fan de la première heure (déjà en 2011) des MOOC (Massive Online Open Courses) ; je m’étais plongé dans le machine learning, base de l’AI d’aujourd’hui, mais qui ne faisait pas partie de mon curriculum d’ingénieur en informatique dans les années 90… Depuis, je dois confesser une propension au binge learning (par analogie avec le binge watching de séries télé) : j’enfile les formations en ligne presque sans discontinuer.

J’intervenais récemment sur ces new ways of learning dans une réunion d’Agoria Wallonie : sous l’impulsion de son directeur Dominique Demonté, cette fédération est particulièrement sensible au lien entre formation, emploi, et compétitivité. J’y ai même découvert avec délectation un incubateur de formations, JobsAtSkills.

Dans le contexte start-up, c’est tout aussi indispensable : les analytics, le growth hacking, le search engine marketing, l’optimisation pour mobile,… sont des champs qui n’existaient quasi pas il y a 10 ans, et sont en évolution permanente. Le fondateur qui ne se tient pas à la page est rapidement largué.

Outre le contenu, une "innovation" (vieille comme le monde, ou comme toute pédagogie active) est de mettre les gens en situation d’apprendre collectivement, et surtout interactivement, les uns des autres (peer learning). LeanSquare, dont le métier de base est d’être un fonds d’investissement d’amorçage, y veille également : nous mettons sur pied une petite cohorte Scale Tribe de quelques start-up sélectionnées dans le portfolio (et peut-être une ou deux extérieures), pour les accompagner dans un processus d’apprentissage, de peer learning, sur quelques mois, avec des objectifs tout à fait business : améliorer le marketing et vente, par une attention au product-market fit, à la gestion du funnel, au growth marketing.

Le peer learning est aussi au cœur de AI Black Belt, la formation en intelligence artificielle que j’ai lancée au départ de BeCentral. Always learning !

En 2020, apprendre, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité de compétitivité économique.