La coopérative NewB, avec son projet de banque éthique et durable, a relevé le premier grand défi de son histoire: obtenir 30 millions d'euros de souscription. Et ce n'était pas gagné. Un commentaire d'Ariane van Caloen.

On l’avoue : on ne croyait pas que la coopérative financière NewB allait arriver à récolter les 30 millions d’euros nécessaires au lancement d’une banque éthique et durable. D’autant qu’à une semaine de l’échéance de ce mercredi 27 novembre minuit, elle n’avait même pas levé la moitié des 30 millions.

Si ce pari un peu fou est réussi, c’est d’abord grâce à la volonté inébranlable des porteurs du projet, à commencer par celle du président de la coopérative Bernard Bayot. Bravo, Mesdames, Messieurs. Jamais, ils n’ont perdu confiance. Et pourtant, il y avait de quoi se décourager tant les obstacles à franchir ont été nombreux, dont les plus durs ont été les fortes réticences de la Banque nationale, le régulateur des banques en Belgique.

Les porteurs du projet ont aussi réussi à trouver quelques soutiens de taille notamment dans le monde universitaire, des pouvoirs publics et des syndicats. Pour arriver aux 30 millions, ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Il y avait du NewB partout ces derniers jours, que ce soit dans les journaux, les réseaux sociaux, à la radio. Un vrai matraquage médiatique.

Mais le jeu en valait la chandelle puisqu’une banque éthique verra peut-être le jour. Du moins si la Banque centrale européenne donne l’accord final pour un agrément d’établissement de crédit. Les coopérateurs pourront utiliser une carte bancaire NewB. Un service que n’offre pas Triodos et Credal. On aura alors une alternative au monde “classique” de la finance dont l’image a été écornée par les excès qui ont mené à la crise de 2008. Une alternative qui va apporter une saine concurrence sur un terrain éthique où tout le monde veut être présent.

Il nous faut toutefois tempérer notre enthousiasme par quelques considérations très terre à terre. En effet, la viabilité du modèle NewB est encore loin d’être prouvée. N’oublions pas qu’à ce stade, la coopérative a déjà accumulé plus de 10 millions de pertes. C’est beaucoup d’argent dépensé en quelques années. Les investisseurs pourraient donc perdre la totalité de leurs mises. Dégager des bénéfices dans un contexte de taux négatifs et de surplus de liquidités est loin d’être évident.

Bernard Bayot et son équipe extraordinairement motivée ont gagné une première manche, mais pas encore la bataille.