LIBRE ECO WEEK-END CO-ENTREPRENEUR CAFÉ

Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, directeur de AI Black Belt, professeur invité à l’UCLouvain et à l’UNamur.

Nous y sommes ! Nous avons traversé l’essentiel de cette crise sanitaire, qui a poussé les limites de nos systèmes de soins de santé, mais que l’on ne va pas commenter ici. Si vous êtes là à me lire, c’est que vous en êtes sortis vivants, et c’est bien !

On le voit déjà : après la crise sanitaire, c’est une crise économique qui s’annonce, avec de grosses chutes d’activité dans certains secteurs (transport aérien, horeca, culture,…) avec des premières faillites, des pertes d’emploi.

Dans cette chronique, je m’adresse à des entrepreneurs, qui sont normalement rodés à l’exercice de la recherche du product-market fit, de l’adéquation de l’offre à la demande. Bien sûr, le paysage a considérablement changé : les clients et leurs attentes se sont déplacés. D’une certaine manière, tout est à refaire, ou au moins à ré-évaluer. Car une chose semble sûre : le "retour à la normale" n’est pas un retour à la "normale"… d’avant, mais à ce que certains appellent déjà une new normal ou next normal.

On en voit déjà certains éléments : les entreprises ont en urgence adopté le télétravail (à marche forcée : il y a maintenant toute une courbe d’apprentissage et d’adoption à refaire plus sereinement). Les événements, formations, séminaires ont changé, migrant sur des plateformes comme Zoom, Webex, ou Teams (avec un ajustement qui n’en est encore qu’à ses débuts).

Ces éléments, et beaucoup d’autres, constituent le nouveau paysage dans lequel notre entrepreneur va naviguer, et détecter des besoins qui se sont déplacés, des opportunités qui sont apparues.

Mais avant de s’apprêter à redécoller, l’entrepreneur serait bien avisé de réaliser un double check-up. D’abord une reconnaissance extérieure, de ce qui a changé, de l’état de ses comptes, de ses partenaires, clients, collaborateurs. Des nouvelles contraintes (et aides) administratives. Mais également une reconnaissance intérieure : quelle empreinte est-ce que cette crise sanitaire a laissé sur lui ou elle ?

Est-ce qu’on en ressort intact, éprouvé, renouvelé ? Certains témoignent que cet arrêt forcé a été l’occasion d’une introspection (parfois aidée par la méditation, bien utile en ces temps troublés). Et que cela a été le moment de repenser sa raison d’être, sa motivation profonde, son rythme.

Un entrepreneur renouvelé, dans un paysage qui a changé : voilà ce que l’on peut souhaiter, pour découvrir (et conquérir) de nouveaux territoires.