LIBRE ECO WEEK-END | CO-ENTREPRENEUR CAFE #30

À l’approche des fêtes, un moment pour se retrouver chez soi, au coin du sapin, allumer quelques chandelles… et souffler un peu. C’est d’autant plus nécessaire pour l’entrepreneur qui réalisera peut-être qu’il a brûlé… sa propre chandelle par les deux bouts : travailler de trop longues heures, tout en étant soumis au stress du client mécontent… ou qui ne paie pas.

Chronique signée Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, directeur de AI Black Belt, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur

On parle beaucoup du burn-out dans les milieux professionnels : souvent celui du cadre ou de l’employé qui ne trouve plus de sens à son boulot et doit jongler entre des impératifs parfois contradictoires (faire un travail très rapide, mais de qualité, etc.). Le burn-out est quasi devenu une épidémie, une maladie de société.

L’entrepreneur, quant à lui, est souvent relativement mieux loti sur la question du sens : dans la mesure où il a choisi son projet, et s’il est parti d’un why profond (selon le discours de Simon Sinek, devenu culte auprès des millenials), il est sans doute beaucoup plus proche de la raison d’être de son travail. De même, à première vue, l’entrepreneur n’est guère soumis aux diktats d’un chef, et à l’ambiance "politique" parfois pesante d’une grande entreprise.

Toutefois, en y regardant mieux, on s’aperçoit que l’entrepreneur peut être sujet à un burn-out sous une forme un peu différente, mais peut-être même plus insidieuse. Il n’a pas de chef, mais… "le client est roi". Donc on aligne les nuits blanches pour satisfaire un client.

Les start-up proposent généralement des choses qui n’ont jamais été faites auparavant ; on ne peut pas simplement recopier un modèle. Donc on est dans l’invention et l’ajustement permanent, ce qui est énergivore. Les revenus d’un entrepreneur, surtout en démarrage, sont quasiment aléatoires, ce qui entraîne également des tensions, surtout s’il y a des obligations de couple ou de famille… Enfin, les relations entre cofondateurs sont parfois difficiles, liées aux rôles, au partage des responsabilités… et de l’actionnariat.

En bref, les entrepreneurs sont tout autant exposés au burn-out que des employés, voire davantage. Je voudrais donc leur offrir un simple conseil de sagesse, en cette fin d’année : prenez le temps de souffler. Mais aussi de débriefer avec vos équipes et cofondateurs les hauts et bas de l’année, et vider les éventuelles frustrations, pour redémarrer 2020 avec une énergie nouvelle.