Pour le moment, la crise sanitaire est sous notre nez, et la crise économique qui est dans son sillage immédiat est sur nous.

Certains surnagent, d’autres sont un peu sous l’eau (ou en “brasse coulée”, cf. notre chronique précédente). Les plus chanceux ou les plus débrouillards parviennent même à surfer sur cette vague.

Le sentiment d’urgence parfois rend difficile de réfléchir à long ou même moyen terme, au-delà des quelques semaines devant nous.

Pourtant, en tant qu’entrepreneur, patron de PME, il est impératif que l’on réfléchisse un peu “au-delà de la vague”.

La courbe épidémique va finir par s’aplatir à nouveau. L’activité va revenir à une forme de normale. Attention que “normale” ne veut pas dire “comme avant” en tout point !

Au passage, le monde évolue, change, et il s’agit dès aujourd’hui, de s’adapter au monde que l’on anticipe être celui de l’après.

Ne patinez pas où le palet est, mais où il va être”, disait Wayne Gretzky, légendaire hockeyeur sur glace. L’entrepreneur doit développer une capacité d’anticipation du même type. Prendre la mesure d’une société qui va évoluer durablement vers du “sans contact”.

J’y songeais en voyant la démarche de Thierry Depuydt, que j’avais rencontré dans les CoEntrepreneurs Weekends que nous organisions il y a quelques années. Au départ d’une boucherie familiale tout ce qu’il y a de plus classique qui avait traversé les décennies à Péruwelz, il a évolué ces derniers mois vers un service de préparation de commandes, que l’on peut venir chercher à toute heure, dans un box comparable à des boîtes postales. Et à présent, en combinant avec un site web e-commerce, et un service de livraison exprès (sous-traité), il est en train d’élargir sa zone de chalandise à… plus d’un million et demi de consommateurs potentiels, y compris la région de Bruxelles.

Voilà ce que l’on peut souhaiter aux entrepreneurs : anticiper le monde de demain, de l’après (deuxième) vague, et d’avoir le dynamisme de s’y adapter.