Cela fait déjà quelques décennies que la finance s’entiche de devenir "éthique". Il s’agissait d’un mouvement plutôt marginal au XXe siècle, qui a pris progressivement de l’ampleur. Il a fonctionné initialement plutôt par "exclusion" : on exclut les investissements tels que les armes, l’alcool, les cigarettiers, et autres. Ensuite on a évolué vers des investissements positifs (ou à impact) en cherchant à investir dans les secteurs et entreprises durables.

Il existe un énorme volet de la finance éthique qui concerne les sociétés cotées en Bourse. Même les géants comme BlackRock mettent à leur agenda les critères ESG (Environnement, Société, Gouvernance), qui connaissent un grand engouement (et sans doute un danger sous-jacent de greenwashing ).

À l’autre bout de la finance, mon intérêt est plutôt vers le "petit capital", qui finance les start-up et entreprises en démarrage. Il existe bien des moyens de financer un projet, en recherchant d’autres choses que la maximisation du profit : les financements participatifs, les coopératives, sont des moyens d’associer les stakeholders (parties prenantes) au financement de l’entreprise.

Impact positif.. mais avec profit

Pour le capital-risque plus classique, un paramètre important, c’est l’origine et la finalité des fonds. En dehors du métier, on le sait peu : les VCs (fonds de Venture Capital ) se financent eux-mêmes auprès de "LP" ( Limited Partners ), qui peuvent être des grandes fortunes ou fonds familiaux, des grands fonds type fonds de pension, des intermédiaires publics, des fondations…

Et là on remarque que si les LP sont de plus en plus nombreux à se soucier que leurs investissements aient un impact positif sur la planète, beaucoup restent accrochés à la maximisation du profit. On veut bien sauver le monde… mais en continuant à payer les pensions !

C’est parfois possible, mais souvent aussi quand une grande part du "bénéfice" de l’activité est une amélioration de l’écosystème, ou des conditions de travail, il est nécessaire que des investisseurs (LP) généreux ou visionnaires aient accepté le risque de couvrir cette différence de rentabilité, investissant ainsi dans le bien commun.