Libre Eco week-end |

Notre monde économique tournait trop vite. Certains ont vu dans la crise du Covid, malgré tous les problèmes qu’elle a entraînés, une occasion de réajuster ça. On a vu l’économie rétrograder d’une vitesse ou deux, on a vu la circulation (en particulier aérienne) chuter, une préférence s’amplifier en faveur du local, du circuit court…

Ce sont les périodes d’ajustement et de transition qui sont difficiles, en attendant de pouvoir se stabiliser sur un new normal. Dans ce contexte, je suis tombé sur un billet d’un couple d’amis, qui avait lancé une petite affaire, très slow et très sympa (du farniente organisé on va dire), pour admettre, après un an ou deux : "On s’est plantés."

Les débuts étaient enchantés et alignés avec un why, un véritable souhait partagé d’un autre rythme. "On a embrassé une vie slow. Ralentir le rythme, fuir l’hyper-tout (l’hyperconsommation, les hypermarchés, l’hyperconnection), fuir la frénésie ambiante. Freiner des quatre fers et refuser ce monde trop rapide dont on nous gave. Sortir de la course. Sauter du train en marche."

Aucune perspective économique

Beaucoup de nos jeunes se reconnaîtront, sans doute, dans de telles aspirations. Mais deux années (et deux bébés) plus tard, la situation est moins rose. Je ne vais pas parler à leur place : "Aucune perspective économique, aucun moyen de travailler à deux en même temps, de faire une réunion stratégique. Aucun travail mais une pression énorme. La corde qui commence à craquer."

Bien entendu, ils ont droit à bien des excuses : deux enfants en bas âge, une crise du Covid… Les leçons apprises, bien sûr qu’ils vont rebondir. Une leçon, pour le reste d’entre nous, qui aspirons à une vie plus slow, ce sera un peu : "Jusqu’à quel point est-il possible de ralentir… sans risquer l’arrêt."

Et s’assurer que notre why, aussi noble soit-il, répond à une demande de gens prêts à payer en suffisance.