Libre Eco week-end |

Avec le récent sommet sur le climat, l’administration Biden a remis les États-Unis dans le débat climatique. C’est un signal très important qui lance à la fois d’autres pays dans des plans plus ambitieux et qui a un important effet d’entraînement sur l’industrie. Pour la PME ou la start-up moyenne, ces objectifs semblent bien lointains : une diminution de 50 % à l’horizon 2030, c’est loin… et on a l’impression que beaucoup vont procrastiner jusqu’en 2028 au moins… C’est pourtant l’attitude inverse qu’il conviendrait d’avoir : plutôt que se dépêcher à minuit moins une, il vaut mieux se mettre en chemin quand il est encore temps, et adopter initialement une politique de petits pas. Si on regarde certaines entreprises qui s’affichent aujourd’hui avec des plans ambitieux de réduction carbone (Solvay, Spadel… même le pétrolier Total), on peut remarquer qu’elles ont toutes mis en route une action volontariste il y a plusieurs années, et intègrent un reporting de type ESG (Environnement, Social, Gouvernance) à leurs résultats annuels.

Comment est-ce qu’une start-up ou PME peut s’inscrire dans une telle logique ? L’entrepreneur doit avant tout assurer le lancement, la pérennité de son projet, et il peut avoir l’impression que ces objectifs climatiques à long terme sont des distractions. Mais on l’a dit, l’essentiel est de se mettre en route, même à petits pas.

On pourra regretter la pauvreté de référentiels adaptés à de toutes petites structures. Sur le modèle du nutriscore alimentaire, mon collègue Ben Piquard imaginait un Transiscore, qui permettrait de réaliser, en quelques heures maximum, une évaluation très sommaire des démarches d’adaptation à une transition d’une TPE/PME (en 5 niveaux ABCDE, comme également les électroménagers ou une certification PEB), ce qui permet aussi de mesurer et d’inciter à l’évolution au fil des ans.

Il est difficile d’aplatir toutes les dimensions d’une transition sur un seul axe, mais à tout le moins, on pourrait évaluer la maturité de la démarche : a-t-on fait 1, 2, ou 3 pas sur le chemin, ou bien le premier pas reste-t-il à faire ?