Libre Eco week-end |

Le sujet est quasiment une tarte à la crème dans l’entrepreneuriat. Faut-il partir à l’étranger pour réussir ? Faut-il lancer sa start-up à Londres, Paris, ou en Silicon Valley pour espérer faire quelque chose de grand ?

Il y a plusieurs façons d’aborder cette question. On peut en comprendre la tentation : si on suit l’actualité des start-up, celle-ci se fait surtout au rythme des annonces de levées de fonds. Et on peut avoir l’impression que ça bouge davantage à Paris ou à Londres : on voit régulièrement des levées en millions d’euros. Dans la Bay Area de San Francisco c’est encore pire (ou mieux) : on peut quasiment rajouter un zéro, un tour de seed (amorçage) ça peut être deux millions de dollars voire davantage.

Faut-il partir pour démarrer son projet depuis un de ces hubs entrepreneuriaux ? À ça je répondrais plutôt que non : on n’y a pas de réseau, et même si les investisseurs y sont plus nombreux et plus fortunés, la concurrence des bons projets de start-up y est bien plus rude également. Il y a certes près de 1000 fonds seed (ou business angels) en Silicon Valley, mais des (dizaines) de milliers d’entrepreneurs qui chassent ces dollars également, et certains sont très rodés : ils ont déjà géré une fonction clé dans une scale-up ou licorne locale, ils sortent de Y Combinator ou Stanford et s’y sont fait un réseau en or… C’est ça qu’il est difficile de copier ou de transplanter.

Par contre, je conseille vivement de s’exposer à ces grands écosystèmes : d’y faire un trip de découverte, voire d’y passer 3 mois pour s’imprégner de la culture start-up, ou simplement du niveau d’exigence. On en revient plus ouvert, et plus aguerri.

Si je regarde l’une ou l’autre start-up/scale-up à succès autour de nous - Odoo, Cowboy, Aerospace Lab… -, je remarque à chaque fois que les fondateurs ont passé des mois dans ces écosystèmes à l’étranger… C’est comme ça que l’on élargit son horizon, ses ambitions. C’est ce que j’appelle la Global Valley : une start-up ambitieuse peut naître n’importe où, mais elle doit réaliser très tôt qu’elle joue sur un terrain globalisé, et pour y exceller, il faut accepter de se mesurer aux meilleurs.