Libre Eco week-end |

Le "monde d’après" tarde à venir… ne serait-ce que parce que la crise Covid se prolonge dans une sorte de plateau auquel on ne voit pas de fin définie ? Beaucoup de citoyens aspirent à simplement retrouver dans l’"après" des éléments de la "vie comme avant" : des libertés de circulation et de rencontres, des repas conviviaux en terrasse, la réouverture de la culture, de l’événementiel, des voyages… En dehors de ces aspirations bien légitimes, on sent aussi que des choses vont changer en profondeur, sur bien des plans.

La généralisation du télétravail va sans doute rester en bonne partie dans de nombreuses entreprises, plusieurs jours par semaine. Ceci réduira sans doute les besoins de trajets quotidiens, voire l’importance de la sacro-sainte "voiture de société", vache sacrée du statut de beaucoup d’employés dans notre pays. Le "luxe" auquel beaucoup de télétravailleurs aspirent tourne davantage en 2021 autour d’un véritable bureau à la maison, avec chaise ergonomique, webcam, écran, imprimante, et connexion adaptée…

On aspire à retrouver les vacances à l’étranger, bien sûr, mais le lockdown ne nous a-t-il pas appris à profiter de choses plus simples et plus proches ? Les vols doivent-ils reprendre tous azimuts ?

Le confinement a placé aussi certaines chaînes logistiques sous tension, et mis en lumière les possibilités de producteurs locaux : on semble redécouvrir qu’une botte de légumes n’est pas juste une commodité interchangeable dans un supermarché, mais est le produit d’une petite exploitation locale, dont l’économie fait vivre une famille près de chez nous.

Peu à peu, on semble revenir sur certains plans d’une économie purement transactionnelle (on achète le produit X, à un prix Y) à une économie davantage relationnelle (on achète tel produit parce que l’on sait qu’il vient de chez Untel, dont on a appris l’attachement à la qualité, au terroir, etc.). La globalisation avait rendu les biens interchangeables, et invisibilisé les acteurs.

Une forme de relocalisation est en marche, où les biens redeviennent particuliers, parce que liés à des acteurs, producteurs, dans une relation de proximité. C’est ça aussi, le monde d’après.