Il y a un an, passé la stupeur de l’arrivée du lockdown, de la mise à l’arrêt de pans entiers de la société, certains parvenaient à ironiser : "Le plus dur dans le lockdown, c’est le premier" . Nous étions persuadés qu’il n’y en aurait qu’un seul pour "aplatir la courbe épidémique"… Et puis nous avons vu arriver un second confinement à l’automne. Les commerces pour s’adapter commençaient à peine à mettre en place une présence en ligne, un e-shop, la possibilité d’un click-and-collect … 

Nous arrivons à présent au troisième confinement, et plus personne n’ose l’ironie. Et non, ce n’était pas le premier qui était le plus dur, mais bien le dernier : il survient à un moment où beaucoup sont au bout de leurs réserves financières, ou psychologiques.

Le besoin de stabilité à rude épreuve

Les spécialistes des neurosciences aiment montrer comment l’esprit humain est propice à fonctionner en mode "automatique", en suivant des habitudes, parfois jusqu’à 90 % de nos tâches. La crise Covid, avec ses règles changeantes, les avis des amis sur les réseaux sociaux qui vont dans tous les sens, met à rude épreuve ce besoin de stabilité, même chez les plus résistants.

Les commerçants, dont beaucoup avaient démarré, mais n’avaient pas été jusqu’au bout d’un processus de présence en ligne et de click-and-collect , sont à nouveau désemparés. Nous avions montré qu’il est pourtant assez simple d’avoir une présence, même de façon minimaliste : un fleuriste a lancé son activité uniquement en créant des montages et en en postant des photos sur Instagram. Des gens l’y découvrent, apprécient un bouquet et passent commande par messagerie. Difficile de faire plus simple.

Initiatives florissantes 

Le commerçant est habitué à parer sa vitrine, mais il doit réaliser que de nos jours, une partie du commerce passe en mode dark (sombre). On voit apparaître des dark kitchen s, des cuisines horeca qui ne sont pas liées à un restaurant avec service en salle, et qui utilisent exclusivement des services de livraison comme Uber Eats, Deliveroo, etc. Ou encore des dark warehouses , des magasins sans vitrines qui ne livrent qu’en e-commerce, via une application. Et certaines de ces initiatives sont florissantes : choix élargi, bon contrôle des coûts, plus de loyers chers sur des artères chics…

C’est une tendance de fond, qui restera au déconfinement, et dans les contraintes actuelles, on peut voir là une lueur de piste à développer.