Les récents événements autour de l’action GameStop ont soulevé des débats qui n’ont probablement pas touché tous les citoyens, mais qui concerne nombreux d’entre-nous. En effet, nous travaillons et payons des impôts. A la fin de notre carrière nous touchons une retraite légale qui nous assure un minimum financier. Afin de pouvoir mettre du beurre dans les épinards, l’Etat nous encourage à constituer une réserve complémentaire. Cet encouragement se fait notamment en octroyant un avantage fiscal si nous souscrivons à une épargne pension.

Savez-vous qui gère et comment le gestionnaire fait fructifier l’argent que vous injectez dans votre épargne pension ? Probablement que non. C’est là un problème qui est mis en lumière par l’affaire GameStop.

Certains diront qu’il s’agit d’activistes. D’autre leur attribueront des qualificatifs plus péjoratifs. Peu importe. En résumé, un grand nombre de particuliers ont choisi de fausser temporairement le cours de l’action GameStop en achetant abondamment ce titre. Des hedge funds, qui utilisent des instruments financiers complexes pour miser sur une chute du titre GameStop, ont perdu jusqu’à 2000 % de leur mise. Même au casino, ou à la loterie, on ne peut pas perdre plus de 100% de sa mise ! Cet événement a mis en évidence les travers de pratiques utilisées couramment, en particulier par les hedge funds. Les produits dérivés, dits complexes, utilisés ont pour but essentiel d’accélérer la prise de bénéfices avec une vision à très court terme. Cela apporte-t-il une valeur ajoutée à l’économie ? Est-ce éthique ?

Or les hedge funds gèrent notamment de l’argent pour le compte de fonds de pension.

Cela doit nous faire poser nous plusieurs questions dont les deux questions suivantes :

  • Les épargnants sont-ils clairement informés du contenu des fonds de pension dans lesquels ils investissent, tant sur les secteurs d’activités, que sur l’usage direct, ou indirect, de ces instruments financiers complexes ?
  • Est-il normal que le gouvernement nous incite fiscalement à investir dans des fonds de pension si parmi ceux-ci certains manquent de transparence et dont on peut soupçonner qu’ils n’agissent pas toujours de façon éthique ? En 2007, seuls le Mexique et la République Slovaque interdisaient aux fonds de pension d’investir dans des hedge funds. A cette même époque, un projet pour favoriser fiscalement les placements éthiques avait été proposé par la secrétaire d’état Els Van Weert et avait reçu l’approbation du conseil des ministres. Ou en est ce projet ? L’affaire GameStop est une opportunité pour créer un modèle de gouvernance exemplaire à ce sujet.

Beaucoup de citoyens se posent la question de savoir comment ils peuvent contribuer à changer le monde dans lequel nous vivons. Cette période de pandémie renforce encore cette volonté de changement. Il est utile de se souvenir que l’argent reste le nerf de la guerre et que nos choix en termes d’investissements, aussi modestes soient-ils, sont tout aussi importants que de voter, manifester ses opinions ou consommer des produits et services qui correspondent à nos idéaux.