Le coronavirus entre dans sa phase d’accélération de contagiosité et de mortalité. Au-delà de l’aspect inquiétant que toute pandémie revêt, ce virus cristallise toutes nos peurs sur la Chine.

– Chronique signée Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion, DNCA Investments

Alors que le coronavirus entre dans sa phase d’accélération de contagiosité et de mortalité, les marchés actions ont essayé de retrouver un certain souffle. Au-delà de l’aspect inquiétant que toute pandémie revêt, ce virus cristallise toutes nos peurs sur la Chine: des conditions sanitaires toujours précaires malgré un progrès technologique et sociologique sans précédent depuis vingt ans, une transparence de l’information impossible à vérifier et une faculté à influencer le cours de l’économie mondiale via la globalisation.

L’histoire se répète souvent. En 1918, la grippe espagnole qui avait décimé la population mondiale pourrait être partie, selon certaines hypothèses, de Chine. Les réactions en chaîne pour contenir le virus (fermeture de la frontière entre la Russie et la Chine, suspension des vols des compagnies aériennes vers la Chine, interdiction de voyages touristiques, mises en quarantaine…) risquent d’altérer la croissance macro-économique du premier trimestre.

Cela provoquera aussi des publications trimestrielles moyennes pour les compagnies aériennes ou l’industrie du luxe. Malgré cela, personne ne prédit encore une catastrophe mondiale malgré un accès de fièvre boursière lundi dernière sur les marchés actions.

En effet, les indices de volatilité ont vivement remonté notamment le VIX (de 12 à 17). Ils étaient aussi descendus trop bas en fin d’année 2019. Les publications annuelles démontrent toutefois un certain optimisme (Apple, Tesla, LVMH…). D’autres déçoivent (Facebook, Siemens Gamesa…).

Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH lors de la publication des résultats annuels record, n’a pas dramatisé mais a reconnu que si le souci lié au virus perdurait cela aurait des impacts significatifs.

De manière plus intéressante, il s’est aussi étonné de la situation des taux d’intérêt négatifs et a craint qu’une crise économique allait se produire dans les années à venir (en écartant son occurrence en 2020).

Signe de cette maladie des taux d’intérêt, le taux 10 grec est passé cette semaine en dessous du taux 10 ans américain. Le risque souverain grec paraît tout de même plus conséquent que le risque souverain américain mais les politiques monétaires apparaissent aujourd’hui bien mystérieuses.

La Banque d’Angleterre n’a pas baissé ses taux lors de sa dernière réunion. Sommes-nous à la veille d’un mouvement de stabilisation puis de hausse des taux ?

Il est trop tôt pour le dire car pour l’instant le point de focalisation des investisseurs demeure la situation en Chine.