Décideurs & chroniqueurs

Un édito de Vincent Slits.

Un enfer. La mobilité est bien souvent un enfer en Belgique. Enfin, une certaine mobilité, celle des centaines de milliers d’automobilistes qui pestent tous les jours, derrière leur volant, dans des embouteillages sans fin sur nos routes. Celles de villes aussi de plus en plus congestionnées, aux infrastructures (ne pensons qu’à l’état de nos tunnels) souvent mal en point. Le Baromètre mobilité de l’UCM dont nous présenterons, ce samedi, en exclusivité sur LaLibre.be et dans un numéro spécial de "La Libre Entreprise", les principales conclusions, le démontre : le Belge reste encore très dépendant de sa voiture pour la plupart de ses déplacements. Le coût économique, écologique et sanitaire de cette "non-mobilité" est colossal. Intenable.

Pourtant, les lignes commencent à bouger et les mentalités à évoluer. Les jeunes générations adoptent plus volontiers de nouveaux modes de transport, de nouveaux acteurs de la mobilité "douce" apparaissent dans nos rues, des entreprises mettent en place des politiques innovantes pour leurs salariés, la technologie dite "intelligente" aussi balise la mobilité de demain, forcément intermodale.

Mais il faut aller plus loin. Beaucoup plus loin. Ce qu’il faut ? Avoir enfin dans ce pays une véritable vision à long terme en matière de mobilité qui transcende nos petites querelles communautaires, souvent sources d’inaction et de blocages. Une vision donc, des moyens, notamment pour financer des transports publics performants, et un plan réaliste mais ambitieux pour que l’on puisse à nouveau se déplacer dans ce pays.

Le thème de la mobilité est au cœur de la campagne électorale. Mais la mobilité, aujourd’hui, c’est l’affaire de tous. Mettre en place une nouvelle mobilité collectivement plus responsable ne se fera pas d’un coup de baguette magique. Cela impliquera chez chacun d’entre nous de rompre avec certaines de nos petites habitudes et d’accepter de vivre dans un monde où la voiture n’a plus droit de cité à tout prix. La fiscalité sera un des instruments pour y arriver.

Il n’y a pas de plan B. On va droit dans le mur si rien en change. Il faut agir. Maintenant !