Des récents scandales ont frappé des entreprises publiques. En tant que chercheur et enseignant au sein d’une université, il nous apparaît difficile de nous positionner envers certains comportements car la gouvernance est un terme indéfinissable qui fait autorité.

– Chronique signée Antoine Buchet, chercheur en sciences politiques et sociales à l'UMons, Faculté Warocqué d'économie et de gestion, service finance publique et fiscalité

Des récents scandales ont frappé des entreprises publiques. À la suite de scandales ayant touché récemment une grande entreprise publique ou même, plus anciennement, certaines communes particulières en Belgique, la question de la gouvernance est devenue un sujet de préoccupation important dans l’opinion belge.

Si de nombreux décideurs et/ou partis de diverses tendances se sont inscrits en faveur de ce terme, il est impossible de considérer que l’ensemble de la classe politique belge est unanime dans cette voie. Des résistances demeurent et certains gestionnaires publics, à propos des récents scandales en la matière, pourraient être tentés de parler de manque de communication.

En tant que chercheur et enseignant au sein d’une université, il nous apparaît difficile de nous positionner favorablement (ou défavorablement) envers certains comportements, et ce, même, si nous nous inscrivons en faveur d’une utilisation raisonnée des deniers publics. Il est cependant utile de revenir aux fondamentaux et de définir la gouvernance publique.

La gouvernance est un concept difficile à cerner. Si l’on s’intéresse uniquement à sa définition au sein de sciences politiques et qu’on met de côté les sciences de gestion, nous sommes face à un " terme indéfinissable qui fait autorité ." Nous pouvons, dès lors, mieux comprendre la relative incompréhension par les décideurs politiques de ce concept.

Toutefois, la littérature scientifique tend à identifier certains principes fondamentaux: la participation, la stratégie et la responsabilité. Les deux premiers principes paraissent aisés à comprendre. La participation implique la prise en compte des différentes parties prenantes. Tandis que la stratégie implique la mise en œuvre au sein du pouvoir public d’une stratégie cohérente.

Par contre, la responsabilité est beaucoup plus complexe à définir. Dans le dictionnaire de science politique, la responsabilité politique implique " de s’en tenir à l’accord tacite qui le lie à son électorat ." Si ces différents éléments permettent de mieux cadrer notre propos, la portée de ces termes demeure en suspens.

Conseil d’administration

Ainsi, à propos d’une récente affaire liégeoise, la question est de savoir de quelle manière le dirigeant de l’intercommunale a mis en œuvre une mauvaise gouvernance. Son conseil d’administration était prévenu (participation) et le groupe s’est largement développé (stratégie et responsabilité). Par contre, du point de vue des communes, celles-ci n’ont pas été informées (participation) et les communes n’y ont pas perçu d’avantages (responsabilité).

Seule la stratégie était également à l’avantage des communes. Dans la première vision, les sous-éléments de cette gouvernance publique sont très en faveur de l’ex-dirigeant de l’intercommunale liégeoise. Tandis que dans la seconde vision, ils sont en défaveur de l’ex-dirigeant. Tout est question de points de vue.

Bref, en sciences politiques, la gouvernance, parfois considérée comme un véritable intérêt pour la démocratie, est donc similaire à la démocratie, une affaire d’êtres humains et de choix. Il convient de revenir à la raison et à la citation de François-Gaston de Lévis " Gouverner, c’est choisir" et de la considérer comme un premier principe démocratique avant de se placer en faveur ou en défaveur de certains concepts plus ou moins flous.