L’inquiétude est palpable ces derniers jours sur les marchés financiers du monde entier : sommes-nous à la veille d’une remontée significative de l’inflation, oui ou non ?

Les marchés redoutent une telle hausse parce que la situation dans laquelle nous nous trouvons est inédite et que bien que personne ne soit jamais passé par là, chacun sait/comprend que ce qu’il faut éviter absolument c’est une remontée des taux d’intérêt. Le monde n’a jamais été aussi endetté, surtout au niveau des pouvoirs publics, et l’équilibre précaire (hausse des dettes publiques achetées en grande partie par les banques centrales) créé depuis le début de la crise sanitaire ne tient que parce que les taux sont bas et que nous étions tous convaincus jusqu’il y a quelques jours, qu’il en serait ainsi pour longtemps encore, tant le choc économique engendré par la crise sanitaire a été rude.

Le doute sur ce scénario s’est installé il y a quelques jours, quand les taux longs se sont tout-à-coup mis à monter aux USA, passant de 0.5% à près de 1,4% en quelques semaines.

La cause ?

Plusieurs matières premières s’affichent en forte hausse depuis que la Chine a renoué avec la croissance. Il suffit de suivre le prix du cuivre, celui du soja, ou encore le pétrole pour voir que le phénomène prend de l’ampleur. Il n’en faut pas plus pour que les craintes inflationnistes, endormies depuis de nombreux mois, se réveillent, y compris dans les pays encore empêtrés dans la crise du covid.

Il faudra énormément de doigté à la banque centrale américaine pour gérer cette situation au jour le jour, surtout que le Président Biden veut absolument faire passer son plan de relance à $1900 milliards. Les marchés craignent qu’on en fasse trop, et se méfient. C’est pour cela que les bourses sont en recul depuis quelques jours et que la nervosité est tangible sur le front des taux d’intérêt.

Quand y verrons-nous plus clair ?

La suite risque d’être compliquée car tous les pays ne sont pas au même stade en terme de vaccination, et tous n’ont donc pas les mêmes perspectives de croissance à court terme. On parle déconfinement et réouverture des écoles au UK, alors qu’on reconfine localement certaines régions ou certaines villes ailleurs en Europe.

La flambée de certaines matières premières et la remontée des taux qu’elle entraîne dans son sillage est en tout cas signe que les robinets de la relance économique ne vont sans doute plus rester ouverts aussi longtemps qu’on le pensait encore il y a peu. Les conditions de crédits sont également en train de se resserrer un peu partout. Une preuve de plus que les choses bougent. Croisons les doigts pour que le redémarrage se fasse en douceur.