LIBRE ECO WEEK-END | SPÉCIAL START-UP

Clémentine, Amélie, Emna, Ségolène, Amandine, Laure, Aline, Diane… Avec quelques autres, ces femmes sont au cœur de la deuxième édition spéciale que La Libre Eco Week-End consacre aux start-up. 

Après avoir livré, à l’automne, le mode d’emploi pour faire pousser une start-up sans se planter, nous sommes partis à la rencontre de femmes qui ont eu une triple audace: entreprendre, innover et se frotter à un monde - celui des start-up numériques et technologiques - qui, jusqu’ici, a été très largement façonné par et pour des hommes.

En Belgique comme ailleurs, le profil type du startupeur varie très peu. Il s’agit d’un homme, jeune, ingénieur (civil ou commercial)… Cela ne suffit pas à en faire des entrepreneurs innovants dans le numérique ou la tech. D’autres qualités sont requises pour créer une start-up : vision, ambition, appétit pour le risque, capacité à exécuter un projet, obstination et résilience. Autant de qualités qui, jusqu’à preuve du contraire, ne sont pas l’apanage exclusif des hommes… Pourtant, comment expliquer qu’en Belgique, à peine 10 % des start-up sont fondées par des femmes ? Comment expliquer qu’en 2019, sur 100 euros levés par des start-up européennes, 92 l’ont été par des hommes, 7,6 par des équipes mixtes et 0,40 par des femmes ? (1)

Au-delà des start-up, la question est de comprendre pourquoi, à ce jour, la "quatrième révolution industrielle", celle du numérique et des nouvelles technologies, se fait sans l’inclusion d’une très large partie de la population. Pourquoi, alors qu’elles représentent 52 % de la population européenne, les femmes n’occupent que 15 % des emplois liés aux technologies de l’information et de la communication (secteur des "Tic" qui, de surcroît, connaît une pénurie importante de profils qualifiés) ? Pourquoi, comme l’indiquait récemment l’Agence wallonne du numérique, les femmes représentent plus de 60 % des citoyens en situation de fracture numérique ?

A contrario, saviez-vous que les entreprises ayant fait le pari de la mixité réalisaient de meilleurs résultats et connaissaient une meilleure qualité de vie au travail que les autres ?

Quoi qu’il en soit, Clémentine et les autres sont là pour montrer que le manque de diversité et de mixité dans le monde du numérique et de la tech n’a rien d’une fatalité. Et qu’il est urgent de se saisir de cet enjeu sociétal en "passant à l’acte", pour reprendre l’expression de l’une des entrepreneures interrogées dans ce supplément.

(1) Sondage réalisé par le fonds de capital-risque Atomico auprès de 1 200 start-up européennes.