Les entreprises ont l’obligation d’enregistrer les heures de travail de leur personnel, a récemment décidé l'Europe. Il ne s'agit pas d’un pas en arrière mais d'une évolution positive.

– Chronique signée Sophie Henrion, marketeer chez Protime.

Les entreprises ont l’obligation d’enregistrer les heures de travail de leur personnel. Voilà la décision rendue récemment par la Cour européenne de Justice. Aujourd'hui, toutes les entreprises belges ne sont pas tenues d’enregistrer quotidiennement les heures prestées par leurs collaborateurs. Cette décision est donc susceptible d’impacter considérablement les employeurs qui recourent à un horaire fixe ou qui n’enregistrent pas encore les prestations de leurs travailleurs. Cette évolution est-elle positive ? Ou s’agit-il au contraire d’un pas en arrière ?

Aujourd'hui, l’enregistrement du temps de travail n’est plus synonyme d’horloge pointeuse. Il existe d’innombrables solutions digitales pour enregistrer les heures prestées. Ces solutions sont en plein boom. Ainsi, de nombreux travailleurs disposent d’un smartphone doté d’une application permettant d’enregistrer les heures de travail, qu’elles soient prestées sur le lieu de travail, au domicile ou sur un site décentralisé. Le nombre de PME actives dans le secteur des services a aussi considérablement augmenté ces dernières années, et cette tendance n’est pas près de s’arrêter. Souvent, les collaborateurs de ces sociétés n’ont pas d’horaire fixe et sont en déplacement. Comment enregistrer leurs heures de travail ?

Malgré ces évolutions, l’enregistrement du temps de travail est encore souvent considéré comme un carcan hérité du passé. Comme une entrave à la flexibilisation du travail. Après tout, "quand il faut pointer, il est impossible de s’affranchir du temps et du lieu, non ?"

Cette idée est dépassée. Aujourd'hui, l’enregistrement du temps de travail peut s’appliquer à tous les types de travail, n’importe où et n’importe quand. L’absence d’enregistrement, qui a semblé être au départ un avantage pour le collaborateur, en lui offrant davantage de liberté, s’est surtout révélée être une bénédiction pour l'employeur: si l’on en croit une récente étude de Protime menée auprès de 1.000 travailleurs francophones, plus de la moitié d’entre eux (54%) n’ont pas le temps matériel de s’acquitter de toutes leurs tâches et prestent donc souvent des heures supplémentaires, qui ne sont pas rémunérées dans 23% des cas. Plus de la moitié de ces travailleurs sont donc demandeurs de davantage de transparence dans les heures prestées et les heures supplémentaires.

Les travailleurs qui prestent systématiquement des heures supplémentaires courent davantage de risques de burn-out. Leur équilibre privé/professionnel n’est pas optimal, car ils consacrent trop de temps à leur travail.

L’enregistrement du temps de travail peut-il apporter une solution ? Certainement. Grâce à lui, le travailleur a une meilleure vision de son temps de travail et de sa productivité, tandis que l'employeur peut détecter précocement les signes de burn-out. Dans le monde d’aujourd'hui, où travail et vie privée sont soumis à forte pression, les travailleurs sont demandeurs de davantage de flexibilité, afin de pouvoir gérer eux-mêmes ces deux sphères de leur vie. En offrant cette possibilité à vos travailleurs, vous investissez donc directement dans leur satisfaction et dans leur implication. Le win-win idéal, en quelque sorte.