A l'heure où la 5G est de plus en plus déployée dans diverses communes du pays, force est de constater que cette nouvelle technologie présente certes des bénéfices et avantages en termes d'optimisation du système socio-économique mais, selon certains, elle montrerait également une dérive vers une société de la "surconsommation". Problématique particulière liée à cette technologie et aux ondes en général : les effets potentiels sur la santé et sur l'environnement.

Toujours plus et toujours plus vite

La 5e génération des standards pour la téléphonie mobile, ou 5G, s'appuie sur la logique du toujours plus et toujours plus vite. Elle donnera progressivement accès à des débits jusqu'à 100 fois plus importants que la 4G et avec des temps de latence extrêmement courts. Elle permet également d'augmenter le nombre de connexions simultanées par surface couverte.

Un aspect vraiment nouveau de la 5G concerne le temps de transmission, qui permet de garantir des applications en temps réel, notamment le pilotage à distance ou la télémédecine. C'est là que se trouve la révolution potentielle.

Des mouvements de contestations fleurissent

Les avancées technologiques suscitent néanmoins de plus en plus de contestations venant tant de citoyens que de scientifiques, dont les arguments sont d'ordre à la fois écologique et sanitaire.

Du point de vue environnemental, notre société numérique est énergivore et met les ressources naturelles sous pression : matériaux utilisés pour les circuits électroniques de nos smartphones, notamment. La 5G, par exemple, implique la mise en place d'une nouvelle infrastructure, la nécessité de créer de nouvelles antennes, de multiplier les centres de stockage de données, etc.

Il faut évidemment dénoncer certains abus, mais ne pas s'opposer au progrès technique par principe. Une solution pourrait être de réguler un peu, de préférence sous contrôle démocratique, tout en s'appuyant sur une expertise scientifique. Et donc une solution générale à la "surconsommation" pourrait passer par des contributions financières à l'égard des conséquences environnementales.

D'un point de vue sanitaire, comme les technologies sont additives (la 5G ne remplaçant nullement la 4G), notre exposition aux rayonnements électromagnétiques ne pourra qu'augmenter. Certes, une très faible partie de la population est électrohypersensible (maux de tête, vertiges, insomnies et autres problèmes liés à l'exposition aux ondes), mais quid du principe de précaution ?

Une gestion bénéfice-risque complète

Plusieurs études, notamment européennes, mettent en exergue les effets biologiques possibles des ondes électromagnétiques. Mais il n'y a pas d'étude officielle qui établisse avec certitude des effets sur la santé humaine des rayons électromagnétiques d'origine industrielle aux puissances utilisées (2G/3G/4G/5G, Wi-Fi, Bluetooth, TV). Et, les instances ne sont pas parfaitement claires sur les normes à ne pas dépasser.

Une attitude raisonnable serait dès lors, et pour éviter les écueils tant d'une naïveté totale que d'une paranoïa, d'appliquer le principe de précaution. La précaution doit s'appuyer sur une gestion bénéfices-risques complète : cela signifie que pour des risques identifiés mais mal quantifiés, il est nécessaire d'engager des études pour les quantifier davantage. Interdire aveuglément, au contraire, nous priverait d'avantages parfois majeurs, comme celui de sauver des vies, et qui plus est dans le contexte Covid actuel.