Une chronique signée Mark Lacey - head of commodities chez Schroders

La crise a aussi des effets sur la transition énergétique. L'année 2020 devait être une année record pour l’éolien et le solaire. À cause de la crise de la Covid-19, bon nombre de projets sont repoussés à l’année prochaine. Une belle reprise se dessine donc en 2021. Selon Mark Lacey, head of commodities chez Schroders, le ralentissement de la transition énergétique n'est que temporaire.

Les consommateurs dépensent moins

La transition énergétique repose sur un mix de compétitivité, d’aides publiques et de demande sociétale. Ces trois éléments sont toujours présents, mais la demande sociétale risque, à cause de la crise de la Covid-19, de pâtir de la baisse des dépenses de consommation consacrées à la transition énergétique. Cette crise s'accompagne d'un taux de chômage élevé dont les effets se feront sentir par exemple au niveau de la demande de voitures électriques et de panneaux solaires. En temps de crise, les ménages ont tendance à ne pas juger ces dépenses prioritaires.

Il reste nécessaire d’agir

Même si la transition énergétique ne figure pas pour l’instant en tête des priorités des consommateurs, il reste toujours tout aussi urgent d’agir pour lutter contre le changement climatique. Tant le grand public que les autorités réclament des mesures. L’Europe supprime progressivement les voitures à carburant fossile. Les mesures découlant de l’accord de Paris sur le climat sont toujours d’actualité. De plus en plus de voix s’élèvent pour que l’on utilise les fonds de relance pour donner un coup de pouce supplémentaire à la transition énergétique.

Le pétrole ne restera pas aussi bon marché

La chute du prix du pétrole est une conséquence de la volatilité des marchés. Mais d’après Schroders, il n’y a guère de corrélation entre les prix pétroliers et la transition énergétique. Le niveau bas du prix de l’essence et la baisse qu’il induit au niveau de la demande de véhicules électriques ne sont qu’un phénomène temporaire. Les grandes compagnies pétrolières maintiennent le niveau de leurs investissements dans la transition énergétique, mais réduisent les dépenses liées aux énergies conventionnelles. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, Shell a réduit ses dividendes afin de poursuivre ses investissements verts.

Les facteurs à long terme sont intacts

Outre les besoins des consommateurs et des décideurs politiques, la compétitivité de l’énergie verte joue également un rôle important. La demande d’électricité a diminué pendant le confinement, mais elle repartira à la hausse une fois que les économies redémarreront. L’énergie propre représente une part croissante de la demande et son coût de production est compétitif. Même pendant la crise de la Covid-19, les entreprises investissent dans les énergies et les techniques durables.

La transition énergétique couvre un vaste domaine qui ne se limite pas à la production d’énergie propre ou aux voitures électriques. Elle englobe aussi le stockage et la transmission de l’énergie ainsi que les équipements électriques. Les facteurs à long terme sont indiscutablement intacts.