Covid-19 a mis une fois de plus en évidence les vulnérabilités des pays émergents et en développement. Contrairement aux crises passées, où le soutien de la communauté internationale était décisif, l'environnement mondial est désormais moins constructif pour ces pays.

La pandémie a obligé les pays émergents et en développement à faire face simultanément à une crise sanitaire, économique et humanitaire. Le soutien financier multilatéral pour relancer et reconstruire les économies en développement a été au mieux fragmentaire, ce qui ne les mènera pas très loin.

Les réponses des gouvernements pour atténuer la pandémie dans les économies émergentes et en développement ont été variables, ce qui laisse penser que la reprise fluctuera selon les pays. L'Asie émergente, première région à souffrir des infections par le Covid-19, partage désormais les leçons tirées de l'aplatissement de la courbe de contagion. La Chine et la Corée du Sud sortent de leur isolement et reprennent leurs activités. Mais même si elles semblent avoir réussi à limiter l'impact de la pandémie, elles n'ont pas pu empêcher une forte contraction de leurs économies. D'autres gouvernements ont beaucoup moins bien réussi à contenir le virus.

Les économies émergentes et en développement ont connu une croissance plus rapide que les économies avancées pendant de nombreuses années. Mais cette forte croissance a été, dans certaines régions, alimentée par la croissance démographique, masquant la fragilité des structures économiques, les profondes inégalités et les relations déséquilibrées entre l'homme et la nature. Les vulnérabilités ont été la source de chocs politiques et économiques récurrents et elles sont également la raison pour laquelle la pandémie actuelle aura des répercussions socio-économiques graves et durables.

Les marchés des capitaux se rouvrent progressivement

Nombreux gouvernements des pays émergents et en développement ont mis en place des mesures de relance budgétaire importantes, bien que moins que les économies avancées. Au départ, les gouvernements ont redéfini les priorités en matière de dépenses, puis le soutien des institutions multilatérales et des gouvernements étrangers a suivi. Les banques centrales sont également venues à la rescousse.

Grâce à ces mesures de relance, l'activité économique reprend lentement et les marchés des capitaux rouvrent progressivement pour certains pays.

Le Mexique, le Chili et le Pérou ont déjà émis des obligations sur les marchés internationaux. Toutefois, pour des pays comme l'Argentine, l'Équateur, l'Afrique du Sud et la Turquie, il reste difficile de reconstituer des réserves étrangères et de renforcer les positions extérieures, et la pression s'accentue sur les budgets publics.

En attendant, les revers seront souvent permanents dans les pays à faible revenu, étant donné qu'il n'existe pas de filet de sécurité, ni de compensation pour les revenus perdus. En raison du verrouillage mondial, les économies dépendantes de transferts de fonds connaîtront probablement une baisse temporaire, mais importante de la consommation privée. Les initiatives assurant la continuité du soutien financier, par exemple dans le domaine de l'inclusion financière des ménages à faible revenu, peuvent accroître l'accès aux réserves en cette période difficile.

Probabilité d'une première augmentation de la pauvreté mondiale

Le risque existe que Covid-19 fasse dérailler les objectifs de développement durable. La pandémie risque de provoquer la première augmentation de la pauvreté mondiale depuis 1998, pendant que les économies tombent en récession. La perte de revenus, les perturbations dans les chaînes alimentaires et la hausse des prix des denrées alimentaires pourraient pousser 130 millions de personnes supplémentaires au bord de la famine d'ici fin 2020. La perturbation des systèmes de santé due au Covid-19 menace de réduire à néant des décennies de progrès dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile et des menaces les plus urgentes pour la santé, et la liste ne s’arrête pas là. La rapidité avec laquelle les pays pourront se remettre sur la bonne voie dépendra des mesures prises par les gouvernements, de la relance du soutien financier et des approches de collaboration qui étaient en place avant la crise.

Les gouvernements ont été poussés à prendre l'initiative dans la lutte contre cette crise. L'impact du Covid-19 sera gérable dans les pays où le gouvernement est davantage sensibilisé et où la confiance lui est accordée pour élaborer des stratégies et des réformes en vue d'un redémarrage plus équilibré. Cela constituera une base positive pour une transformation plus profonde. Dans de nombreux autres pays, cependant, la crise est encore loin d'être terminée, ce qui rend plus difficile la proposition de toute réforme fondamentale.

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