Un texte signé Carmina Coenen, deputy Country Leader chez Salesforce Belux

Si le Covid-19 a mis quelque chose en lumière, c’est bien le fait qu’en tant qu’individus, nous sommes tous intimement liés les uns aux autres. Il n’est dès lors pas difficile d’extrapoler ce fait et d’établir une analogie entre la pandémie et un autre problème bien connu auquel nous sommes tous confrontés : à savoir, le changement climatique.

Il est nécessaire, dans un cas comme dans l’autre, d’entreprendre une action à l’échelle de la planète et de réfléchir à long terme. En la matière, les entreprises ont un rôle majeur à jouer. Le seul point positif, dans cette crise sanitaire globale, est par ailleurs le fait que la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre ont temporairement régressé en raison d’un recul des voyages et trajets quotidiens.

Nous ne devrions jamais perdre de vue ce dont nous sommes capables lorsque nous unissons nos forces pour une cause commune. Nombreuses sont les sociétés qui, trop longtemps, ont négligé l’impact qu’elles ont sur l’environnement et qui considèrent le durable comme une simple option. Il est souvent question de "parties prenantes" dans l’univers des entreprises - employés, partenaires, communautés… - mais aucun des acteurs concernés n’est plus important que notre planète.

Agilité pour faire face au changement

En Belgique comme partout ailleurs dans le monde, les entreprises, les établissements horeca et les commerces ont eu fort à faire pour assurer leur continuité pendant la crise du coronavirus et relancer leurs activités après le confinement. Entre-temps, de nombreuses entreprises ont déjà tourné leurs regards vers l’avenir et les perspectives de croissance. Mais nous avons également une chance unique de transformer les règles et processus existants en y associant le principe de durabilité.

À chaque phase de cette crise, les entreprises ont heureusement pu compter sur un soutien venu du secteur technologique. Lorsqu’elles ont soudain dû fermer leurs portes en raison du confinement, la technologie leur a permis, du jour au lendemain, de faire travailler leurs collaborateurs à domicile. Par la suite, les outils numériques ont contribué à reprendre le cours des activités. À l’avenir aussi, elles devront être en mesure de s’adapter rapidement. La technologie y jouera un rôle important en connectant les individus, en supportant les processus de décision et en rendant les entreprises agiles de façon à pouvoir faire face au changement.

Dans tous les secteurs, les entreprises doivent adapter leurs activités et leurs produits à une nouvelle manière de travailler. Il y va de la responsabilité du secteur des technologies de leur apporter son soutien. Jamais il n’a été plus important pour les entreprises d’exploiter les données et de donner la possibilité à leurs équipes de collaborer en temps réel. Celles qui s’étaient déjà engagées dans ce genre de transformation numérique en ont à coup sûr récolté les fruits pendant la crise du coronavirus. Toutes les autres doivent s’y atteler afin de pouvoir réagir aux nouveaux défis de manière résiliente.

La technologie comme levier de développement durable

Déjà avant la crise, les entreprises cherchaient à adopter une démarche plus durable. Il est désormais évident que les technologies peuvent les y aider. L’intégration de solutions technologiques permet aux entreprises de mieux prendre conscience de leur impact sur la planète et de mieux en rendre compte aux collaborateurs, aux clients et aux diverses parties intéressées.

Un exemple : se faire une idée précise des émissions de CO2 qu’une entreprise provoque en consommant de l’énergie ou en pratiquant les voyages d’affaires est souvent une tâche à la fois particulièrement chronophage et rebutante. En combinant des analyses pilotées par les données et des technologies de comptabilité CO2, les entreprises peuvent quantifier leur empreinte écologique et mieux comprendre leur impact.

Voilà pourquoi l’exploitation des données s’avère essentielle pour toute société qui veut devenir plus durable. En publiant les informations ainsi obtenues, les entreprises peuvent véritablement démontrer qu’elles considèrent des pratiques écologiques et durables comme importantes, que ce soit vis-à-vis de leurs collaborateurs, de leurs clients ou des autorités de régulation. Elles peuvent ensuite utiliser ces informations pour impulser le changement.

Une manière très utile pour évaluer l’impact d’une entreprise sur l’environnement consiste à visualiser les données. Cela permet d’effectuer le suivi des schémas de consommation et des tendances d’émissions et de fournir des leviers d’action aux dirigeants. Dès l’instant où une entreprise comprend son propre impact sur l’environnement, les décideurs peuvent commencer à esquisser des scénarios et des programmes à finalité environnementale.

Soutenir d’autres initiatives

Les entreprises ne peuvent toutefois se contenter de penser à leur seule empreinte écologique. Nous avons besoin d’une démarche globale et systématique si nous voulons, demain, garder le réchauffement de la planète en deçà des 1,5° Celsius. Et cela n’est possible qu’au travers d’une collaboration de grande envergure entre sociétés, ONG, autorités publiques et autres institutions.

Un exemple de ce genre d’initiative est celle de 1 Trillion Trees , une idée portée par le Forum économique mondial et différents partenaires de premier plan. Ce projet a pour objectif de donner forme, de renforcer et de mobiliser une communauté en faveur de la reforestation afin de pouvoir garantir la préservation et la restauration d’un milliard d’arbres au cours de la prochaine décennie.

Les entreprises ont un autre puissant levier à leur disposition pour faire les bouger les choses : leur voix. Elles pourraient ainsi souscrire officiellement à l’Accord de Paris afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°, rédiger des lettres ouvertes adressées aux autorités afin de soutenir les plans de relance en faveur d’une économie plus inclusive, plus robuste et plus résiliente, ou participer à des événements qui ont de l’influence, tels que LEAD on Climate 2020 - en mai, cette initiative a rassemblé plus de 300 sociétés en vue de leur faire réexaminer leurs systèmes et de leur faire prendre conscience qu’une réorganisation s’impose après le Covid-19.

En résumé, l’environnement doit désormais se voir attribuer un rôle phare au sein de toute entreprise. Le monde des affaires est une fabuleuse plate-forme pour impulser le changement et pour encourager les collaborateurs, les citoyens et les futures générations à entreprendre et à œuvrer à un climat plus durable.

Les entreprises doivent se préparer à leur propre avenir, dans un contexte de nouvelle normalité. Dans un monde post-coronavirus, il n’est pas possible de simplement remplacer ce qui existait auparavant. Nous devons prendre le temps de bâtir un meilleur avenir pour l’environnement et pour la planète en nous appuyant sur des technologies innovantes.