Pour son édition du mois de mai, le Palmarès des Sicav refait le point sur les placements durables. Dans ce domaine, les choses évoluent constamment. La nouvelle réglementation SFRD (Sustainable Finance Disclosure Regulation) mise en place au mois de mars par la Commission européenne tente de mettre de l’ordre dans cette catégorie d’investissements. Son but est d’établir plus de transparence et une plus grande rigueur dans la commercialisation de ces produits. 

Par ailleurs, les obligations de reporting sont aussi élargies. Et si les émetteurs de ces fonds ne se plient pas à ces nouvelles exigences, un contrôle et des sanctions seront appliqués par les régulateurs nationaux. Mais, dans le cadre de l’application au niveau national de cette réglementation européenne, on assiste encore à des différences notoires entre pays. Certains sont plus sévères là où d’autres laissent plus de latitude dans l’interprétation de la réglementation. 

Risque, rendement et mesure

Les fonds durables prennent également en considération un ensemble de risques au-delà du risque purement financier. Le risque de réputation ou d’empreinte environnementalle et sociale peut, s’il est bien incorporé en gestion, diminuer les accidents de parcours. La gamme des fonds offerts dans cette catégorie d’actifs ne cesse de s’élargir. On est passé, en quelques décennies, de fonds qui pratiquaient uniquement l’exclusion de certains secteurs controversés à des fonds à impact. Il est désormais possible de mesurer les effets de la finance responsable sur l’environnement, les aspects sociaux ou de gouvernance. 

Ces outils de mesure ne sont pas encore parfaits ni harmonisés mais, là aussi, on assiste à une évolution. Quant à leur rentabilité, il ne fait désormais plus aucun doute que les fonds ISR ou ESG ne sont ni plus ni moins rentables que les fonds classiques. Les fonds à impact social, s’ils investissent dans des plus petites structures n’offriront sans doute pas un rendement financier équivalent à celui des fonds classiques. Mais, au-delà du simple rendement financier, l’investisseur doit se pencher sur les rendements environnementaux et sociaux de ses placements. Il doit également tenir compte des risques qu’il prend à investir dans des sociétés qui ne se préoccupent pas de leur empreinte sur la planète, ni des aspects sociaux. C’est donc aussi aux investisseurs à orienter différemment leur démarche.