LIBRE ECO WEEK-END | CO-ENTREPRENEUR CAFE #36

Je reviens d’une semaine à Dubai où j’étais pour un Global Investment Summit de Kauffman Fellows. Pour une première fois que je visitais cette quasi ville-état des Émirats Arabes Unis, je m’attendais à ne pas trop aimer : la débauche d’argent et de bling-bling, les délires mégalos (Burj Khalifa, plus haute tour du monde) et énergétiques (une piste de ski couverte en plein désert…). Et bien, malgré que tout ça soit vrai, j’en suis revenu plutôt positivement impressionné. Pas tant par le bling (qui m’agace toujours), mais par l’"orientation futur" de Dubai.

Chronique signée Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, directeur de AI Black Belt, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur.

"Le futur m’intéresse car c’est l’endroit où je vais passer le reste de ma vie", disait Woody Allen. Cette boutade a été prise quasi au pied de la lettre par le Cheikh régnant de Dubai, S.A.R. Mohammed bin Rashid Al Maktoum, qui a dit "le futur appartient à ceux qui peuvent l’imaginer, le designer, et l’exécuter." Et donc d’une façon qui peut paraître surprenante lorsque l’on vient de nos sociétés vieillissantes et fort tournées vers leur passé glorieux, des pans entiers des services publics locaux sont orientés vers le futur, dans une optique d’efficacité, sur le credo : "On veut des résultats, pas des rapports."

La Dubai Future Foundation qui nous accueillait patronne des dizaines d’initiatives dont les Dubai Future Accelerators qui ont attiré plus de 200 entreprises autour de 60 projets pilotes. Parmi ceux-là, on peut trouver le projet d’une première ligne Hyperloop One, selon l’idée d’Elon Musk pour relier Dubai à Abu Dhabi avec la vitesse de l’avion et la facilité du train…

Un "gov lab" est là pour aborder les questions régulatoires et de gouvernance avec une approche souple par rapport aux nouvelles technologies (p.ex. la blockchain).

La conférence STEP que j’ai eu l’occasion de visiter, est devenue l’événement majeur de l’écosystème start-up de la région : plus de 90 % des projets présentés viennent de l’international. J’y rencontre les fondateurs (suisses, mais basés à Dubai !) de Checkout.com et PropertyFinder (qui ont levé respectivement 230 et 120 millions de dollars…). Bref, un écosystème vibrant, qui illustre à merveille la vision "Global Valley" où l’opportunité de créer une start-up à la façon de la Silicon Valley devient accessible depuis tout endroit de la planète.

Le challenge, à notre échelle, sera d’encourager d’autres start-up dans des hypercroissances à la façon de Odoo ou (plus récemment) AeroSpace Lab.

Faut-il plonger à la suite de Dubai, à croire à tous les miracles de la technologie et d’une contrée où les lendemains chantent en binaire ? Non sans doute que l’on ferait bien de garder une dose d’esprit critique. Mais on gagnerait tout de même à prendre cinq doses de cette "orientation vers le futur."