L’avenir n’est pas plus dans les cartes de Madame Irma que dans les statistiques dont nos dirigeants et les médias nous abreuvent. Nos dirigeants politiques et d’entreprises auront-ils le courage de casser le moule de la peur et de gérer les risques qui sont devant nous ? Au vu des dernières semaines, on est en droit d’en douter. 

Ce qui avait du sens jusqu’à fin juin n’a plus de sens aujourd’hui. Aller de conseil sanitaire en services de sécurité est un refus d’assumer les responsabilités d’un risque qui restera le notre comme celui d’autres virus. Sait-on seulement que le vaccin de la tuberculose a été découvert en 1921 et que 1,5 million de tuberculeux meurent chaque année selon l’OMS ? Les services de sécurité de Yale University considèrent qu’il ne peut pas y avoir plus de 18 étudiants dans un auditorium de 400 places.

Faire face à la crise économique sans concessions

La récession qui nous attend ne fait que commencer. Il faudra au moins deux ans pour que l’économie se redresse. Tant l’Europe que les Etats-Unis prévoient (de manière optimiste) une baisse de l’économie de 9% pour 2020. Même si une légère reprise semble se dessiner en 2021, elle ne nous ramènera pas au niveau de 2019.

Le cortège de chômages, de faillites, de réductions des revenus et de la consommation seront nos compagnons pour un bon bout de temps. Tenter de soutenir les grandes entreprises est vain. Vu les moyens limités des Etats, il est crucial de soutenir l’emploi.

Cessons de croire que les vols intercontinentaux ou les bateaux sont des nids à virus. L’expérience de ces derniers mois est convaincante. C’est une forme de nationalisme (mes voisins sont pires que moi) qui nourrit cet assaut sur l’aviation, les voyages, le tourisme, la restauration. C’est un massacre du loisir qui nous écrase.

Faire face aux risques sanitaires en apaisant la peur

Ramener la crise sanitaire à de justes proportions est devenu essentiel. Il faut pour cela que la gestion politique et les trompettes de la renommée des médias descendent d’un ton. Oser la relance implique de gérer cette peur monstrueuse et hors de proportion qu’ils nous ont insufflée ces derniers mois.

.Jour après jour, la concurrence des annonces rendent les gouvernements et les médias de moins en moins acceptables. Face à ce phénomène, une bonne partie des jeunes qui n’ont pas mérité d’être jetés en dehors des écoles et universités, choisit la révolte à Berlin, Madrid et dans de nombreuses autres villes.

Le risque sanitaire le plus important à long terme est la famine et le changement de climat. Nous vivons depuis toujours avec des virus et avons appris en six mois à diagnostiquer, soigner et limiter les décès du coronavirus.

Arrêter la planche à billets

Il est dangereux de continuer à augmenter les interventions des banques centrales dans l’économie. La Federal Reserve en a mis trois trillions de dollars en quelques mois et commence à se rendre compte que le gros de ces capitaux s’est retrouvé à Wall Street où une bulle s’est développée. La décision de la BCE d’intervenir en rachetant des obligations est un crime contre les épargnants à travers les taux d’intérêt négatifs.

Il n’y a aucun ris que de crise de liquidité dans le système, et ce que font les banques centrales, c’est arroser un jardin déjà inondé. Il est temps qu’elles retournent à leur rôle de politique monétaire, et non de soutien à la dette publique. Mais surtout, qu’elles cessent de se préoccuper de l’état des marchés financiers qui ne font pas partie de leurs missions. Ils se débrouilleront bien tout seuls.

Arrêter le carnage : la révolte gronde

Le plus grand danger se trouve au niveau des victimes : la population. La désobéissance civile augmente au fur et à mesure que les annonces perdent leur crédibilité. Le désespoir s’amplifie. La santé mentale se détériore et engendre anxiété, dépression, voire pire.

Il est maintenant essentiel de laisser les professions médicales gérer la crise sanitaire et d’apaiser le discours. Il faut aider les ménages à faire face aux drames humains qui vont se développer. Que vous soyez chefs d’entreprise, dirigeants politiques ou sociaux, une seule priorité compte : sauver ce qui peut encore l’être.

Nous avons poussé des pans entiers de la population à des extrêmes insupportables. Ce qui frappe, c’est que cela ne semble pas préoccuper les syndicats. Qui va pouvoir défendre ceux et celles qui ont perdu un travail, une habitation, une école ?

La honte des jeux politiques

Les conflits politiques se sont déchainés depuis le début de l’année : l’attaque des Chinois sur Hong Kong, celle des Turcs sur les Grecs, la montée de l’autoritarisme ont émaillé ce semestre. Mais à un niveau plus proche, des jeux politiciens se sont joués dans des conflits partisans. La Russie soutient le dictateur Biélorusse. L’inde attaque le Cachemire et remplace une mosquée séculaire par un temple hindou.

La Belgique est au premier rang de l’impossibilité des partis politiques de créer une majorité gouvernemental, s’opposant sur des sujets sans importance au vu des défis immédiats. Ils ne méritent plus d’être la courroie de transmission par laquelle le Roi est obligé de passer pour former un gouvernement. Quant au Royaume Uni, il se débat dans une utopie qui en fait la plus mauvaise économie d’Europe avec une récession de 20% le trimestre dernier.

Ce faisant, vous avez pavé de roses le chemin qui mène au populisme. Vous n’aurez aucune excuse face a la montée du désespoir des populations. Il est temps de changer de cap, d’oser une relance qui comporte des risques avec courage et imagination. Votre pouvoir ne vous appartient pas. Vous êtes au service du pays.