Le débat autour de l’adoption de nouveaux objectifs d’apprentissage dans le secondaire pour améliorer le niveau des élèves a été agité en Flandre. Mais la véritable question à se poser est : "Que souhaitons-nous que nos futures générations soient capables de faire et comment nous assurer que ce but soit atteint ?"

L’assurance qualité est "le maintien d’un niveau souhaité dans un service ou un produit, notamment en s’attardant à chaque étape du processus de livraison ou de production" (Oxford Dictionnaires, 2014). Les établissements d’enseignement supérieur comme la Solvay Brussels School of Economics and Management (SBS-EM) sont de plus en plus mis au défi de déterminer comment identifier et maintenir le niveau de qualité souhaité dans toutes les étapes du processus de formation, en fonction des résultats d’apprentissage des apprenants mais aussi du retour d’information de toutes les parties prenantes (étudiants, diplômés, recruteurs, professeurs), et ce, dans une approche collective.

Quels niveaux

Les résultats d’apprentissage (ou profils d’enseignement) définissent les niveaux spécifiques de connaissances, de compétences et de capacités que les étudiants seront en mesure d’atteindre une fois leur programme d’études achevé. Ceci conditionne le niveau atteint par les diplômés de l’enseignement supérieur et garantit son maintien et son amélioration.

Les processus d’observation des programmes mettent l’accent sur deux principes qui sont à la base de l’assurance de la qualité : la responsabilisation et l’amélioration continue, dans une approche commune qui peut effrayer les ardents défenseurs de la liberté académique.

Mais cette liberté ne peut subsister que si elle revêt une certaine crédibilité basée sur des observations tangibles et des éléments factuels.

À la SBS-EM, le moteur de ce projet a été de responsabiliser les enseignants sur le contenu de leurs cours en s’assurant que certains des objectifs convergent bien avec les finalités visées par les programmes dans lesquels ils sont enseignés. Une autre motivation était d’encourager les articulations entre les différents cours et blocs de nos programmes, de manière à favoriser les différentes étapes de l’acquisition des compétences, tout en évitant les redondances.

Processus d’évaluation

Partant d’un cours de marketing en master, nous nous sommes concentrés sur le processus d’évaluation des résultats recommandé par Palomba et Banta (1999) pour commencer à mesurer l’efficacité d’un programme. Nous nous sommes alors basés sur le niveau de maîtrise atteint par un échantillon d’apprenants ayant ensuite obtenu leur diplôme en les répartissant par catégorie : répond, dépasse ou est en deçà de nos attentes, en répétant l’exercice pour chaque objectif visé par ce cours et qui converge avec ceux du programme.

Pour la rétroaction, nous collectons également l’avis de nos étudiants, des recruteurs et nous suivons de près l’insertion professionnelle de nos diplômés durant les 18 premiers mois.

Alignées sur la stratégie pédagogique de l’école, cette collecte et analyse systématique de l’information nous permettent de nourrir les discussions sur les futurs ajustements ou réformes profondes de notre offre de formation, de manière à continuer à être en adéquation avec les besoins de la société, des entreprises et les aspirations des générations actuelles.

Et si nous résumions cette démarche qualitative en quelques questions : qu’allez-vous apprendre chez nous et quelles sont nos attentes ? Comment allez-vous apprendre et comment savons-nous ce que vous avez appris ou non ? Que ferons-nous si vous ne maîtrisez pas bien certaines compétences ?

De meilleurs emplois

L’OCDE défend largement l’idée que l’enseignement doit permettre aux individus et aux nations d’identifier et de développer les connaissances et les compétences qui génèrent de meilleurs emplois et de meilleures vies, dans une prospérité qui favorise l’inclusion sociale. Dès lors, il est particulièrement important que les décisions concernant les politiques éducatives soient fondées sur les meilleures preuves possibles, dans une approche systématique et collective.

De leur côté, les étudiants souhaitent également de la transparence sur la manière dont leurs cours peuvent les préparer à leur avenir, ce qui donne aussi davantage de crédibilité à la liberté académique.