Le plan climatique de Joe Biden à deux billions de dollars est sans doute un peu trop ambitieux, mais l’accent va être mis sur les énergies alternatives, les transports et l’immobilier durables ainsi que les technologies propres.

Marge de manœuvre limitée malgré une majorité démocrate au Congrès

Grâce à leur victoire électorale en Géorgie, les démocrates disposent d’une courte majorité au Sénat. Pour la première fois en dix ans, un président démocrate peut travailler avec un Congrès démocrate. Mais compte tenu de cette courte majorité au Sénat, le président devra mettre de l’eau dans son vin pour trouver une majorité qui soutienne ses plans ambitieux.

D’après les spécialistes de Schroders, le plan climatique de Joe Biden sera raboté de moitié, voire plus. Des solutions vertes seront certainement recherchées dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’immobilier et des technologies propres. Le climat sera une priorité pour les agences fédérales.

Sur le plan social, le doublement du salaire minimum est un objectif trop ambitieux. Dans le domaine des soins de santé, l’idée d’un frein à la hausse des prix des médicaments passera, mais le projet d’assurance maladie publique semble avoir moins de chances d’aboutir. Schroders tient compte en outre d’un renforcement de la réglementation pour les grandes entreprises technologiques.

Réintégration de l’accord de Paris

Le retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat est surtout une étape symbolique. Il s’agit de mettre en évidence l’existence d’un consensus mondial en faveur d’un climat durable. Avec les ambitions de la Chine, de l’Union européenne et du Japon (pour n’en citer que quelques-uns) de réduire à zéro leurs émissions nettes de CO2, l’orientation de l’économie mondiale à long terme est claire.

Joe Biden peut prendre des décrets présidentiels pour détricoter une grande partie des mesures prises par Trump. Il peut décréter des mesures plus strictes pour les secteurs de l’automobile, de l’électricité et de l’énergie. Il peut par exemple imposer une limitation des émissions. En outre, il peut accorder aux États plus d’indépendance pour poursuivre des objectifs climatiques ambitieux.

Joe Biden fait du climat une des priorités des agences fédérales

En tant que président, Joe Biden peut également user de son influence pour faire prendre ses priorités en compte par des agences fédérales telles que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et la Commission des opérations de bourse (SEC). Jusqu’à présent, les nominations auxquelles il a procédé traduisent sa volonté d’apporter une réponse transversale à la problématique du changement climatique, étant donné que presque toutes les agences fédérales ont été dotées d’experts et d’objectifs ambitieux en matière de climat.

La nomination de Janet Yellen au poste de secrétaire du Trésor en est un bel exemple. Parallèlement à la récente décision de la Réserve fédérale de rejoindre le Réseau pour un système financier plus vert, Janet Yellen aurait un mandat fort pour inclure les risques climatiques dans les principales responsabilités de surveillance des régulateurs financiers.

Les États restent le moteur de l’action en faveur du climat

Les politiques menées par les États ont été un moteur essentiel de l’action climatique aux États-Unis en l’absence d’ambition fédérale. À la suite de la décision de Donald Trump de sortir de l’accord de Paris, 24 États (plus Porto Rico) se sont réunis au sein de l’Alliance américaine pour le climat et se sont fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions et d’électricité propre.

D’autres initiatives ont également vu le jour, comme l’initiative régionale sur les gaz à effet de serre et l’initiative sur le transport et le climat. Schroders s’attend à ce que les États continuent à exercer ce leadership et même de manière renforcée pendant le mandat de Joe Biden. Ce dernier a le pouvoir de donner aux États encore plus d’indépendance, par exemple pour mettre en œuvre des programmes de véhicules à émissions zéro, comme en Californie.