Après un suspens intense, c’est chose faite : Joe Biden sera le nouveau président des USA. Nous avions évoqué à de nombreuses reprises le fait qu’une fois ce cap électoral passé, un boulevard de 4 ans allait s’ouvrir pour la gestion de la crise sanitaire et surtout, pour en atténuer l’impact économique catastrophique.

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur la gestion de Donald Trump, mais dans quelle situation laisse-t-il vraiment le pays à Joe Biden ?

Le monde à la croisée des chemins

Qu’on y croit ou pas, le coronavirus semble de l’histoire ancienne en Chine et ailleurs en Asie : la reprise est au rendez-vous, les exportations sont en forte croissance et la demande intérieure se porte plutôt bien. Aux USA, la croissance a rudement encaissé au second trimestre, mais le PIB a progressé de 7% au troisième trimestre. En octobre, plus de 680.000 emplois ont à nouveau été créés, poussant le taux de chômage à 6.9%, un fameux recul depuis le pic atteint en avril à 11%. Il semble donc que les 2 premières puissances économiques du monde soient en phase de reprise, ce qui est plutôt de bon augure pour 2021.

Un président qui laissera la banque centrale agir en toute indépendance

La Banque Centrale américaine est au chevet de l’économie depuis le début de la crise sanitaire et il y a peu de raison que cela change au cours des prochains mois. Il semble peu probable que le nouveau président des USA interfère dans la conduite de la politique monétaire, contrairement à ce que D. Trump avait fait à plusieurs reprises durant son mandat, notamment en empêchant la Fed de remonter ses taux d’intérêt ou en menaçant de limoger le patron.

Si l’on essaye de voir où se situe le pays dans ce cycle économique si particulier, on constate une belle amélioration de la confiance des patrons d’entreprises et des particuliers. Il faut dire que la bourse flirte avec de nouveaux sommets depuis l’élection présidentielle, laissant supposer que la confiance est au rendez-vous, même si on le sait bien, l’épidémie n’est pas maîtrisée et de nombreuses faillites restent probables dans les secteurs les plus impactés par les mesures de confinement.

Joe Biden en position moins inconfortable que Barack Obama

Joe Biden ne prend certes pas les rênes du pays dans un contexte aussi compliqué que Barack Obama, qui découvrait l’ampleur de la crise des subprimes au moment de son entrée en fonction et avait face à lui des autorités monétaires et fiscales peu rôdées à ce genre de crise. Aujourd’hui, la pandémie sévit déjà depuis 9 mois, la recherche d’un vaccin est en route et il n’est pas utopique de penser que le pire est peut-être derrière nous. En 2009, les bourses n'avaient touché leur point le plus bas qu'en mars, soit 3 mois après l’entrée en fonction du président Obama.

En 2021, le gouvernement américain n’a aucune raison d’arrêter de soutenir les américains victimes de la crise du Covid et Joe Biden a 4 ans devant lui pour tenter de redresser la barre. En outre, vu son âge, il ne briguera d’office pas de second mandat, ce qui laisse augurer des décisions franches et fortes dès janvier 2021, puisqu’il ne sera pas question de tenter d’influencer l’opinion publique en vue de continuer à plaire pour un second mandat. Cette belle route dégagée de 4 années pour redresser l’économie de l’oncle Sam semble en tout cas plaire aux marchés financiers, qui se sont une nouvelle fois envolés quand il est devenu évident que ce serait Joe Biden le vainqueur de cette élection inédite.