La crise du coronavirus a contribué au maintien des taux d'intérêt des prêts hypothécaires à un niveau particulièrement bas. Cette situation favorable ne concerne cependant que les personnes capables de financer elles-mêmes une partie de leur maison. En effet, tandis que davantage de fonds sont libérés pour maintenir les prêts, des règles plus strictes s'appliquent à ceux qui souhaitent financer l'achat d'une maison avec un prêt hypothécaire.

Le coronavirus a plongé notre pays dans une situation particulière ces derniers mois. Malgré les mesures prises pour protéger le pouvoir d'achat des ménages, bon nombre d’entre eux ont dû puiser dans leurs économies. Une étude de TopCompare indique ainsi qu’un Belge sur cinq a dû compter sur son épargne durant la crise. De nombreux candidats-acquéreurs ont ainsi reporté l'achat d’une maison. Les Belges retrouvent désormais le chemin du marché immobilier, alors que le pire semble derrière nous.

Malgré une diminution du nombre de transactions, le prix de l’immobilier continue de grimper dans notre pays. Le prix moyen des maisons en Belgique a augmenté de 1,9% par rapport à 2019. L’achat d’un appartement coûte quant à lui 5,9% plus cher qu’auparavant. La hausse des prix de l’immobilier devrait inciter davantage de Belges à contracter un prêt hypothécaire. Les banques centrales luttent activement pour maintenir les taux actuels. Au travers de toutes sortes de mesures, telles que le programme de rachat, elles font en sorte que l'argent continue à circuler dans l'économie réelle. Cela semble être une bonne nouvelle pour les emprunteurs, mais la réalité est plus nuancée.

En effet, tandis que le coronavirus contribue à maintenir les faibles taux d'intérêt, la Banque centrale européenne (BCE) a pris diverses mesures pour maintenir les taux d'intérêt bas. Ces mesures permettent aux entreprises et aux gouvernements d’emprunter à moindre coût. Au vu de la situation actuelle, en cas de hausse des taux d’intérêt, de nombreuses entreprises risquent de s’effondrer. Les nouvelles mesures de soutien monétaire de la BCE sont toutefois une aubaine pour ceux qui souhaitent contracter un prêt hypothécaire. Les taux hypothécaires sont en effet particulièrement bas en raison des mesures prises.

Des mesures sont également prises au niveau national pour maintenir le niveau des prêts. Ainsi, la Banque nationale de Belgique (BNB) a récemment annoncé sa volonté de libérer un coussin de fonds propres pour parer aux risques immobiliers. Ces 2,1 milliards d’euros devraient permettre de soulager les banques. La BNB avait déjà pris une mesure similaire au début de la crise du coronavirus. À cette époque, un coussin de fonds propres contracyclique

d’un montant de 1,1 milliard d'euros avait été libéré. L'objectif est que les banques utilisent le capital libéré pour constituer des provisions pour les pertes de crédit.

S’il semble que les emprunteurs puissent actuellement faire des affaires en or sur le marché des prêts hypothécaires, il y a un toutefois un revers à la médaille. La BNB continue en effet de faire pression sur les banques pour que les emprunteurs financent eux-mêmes une partie de leur maison. Elle recommande une quotité de 90 % (rapport entre le montant du prêt et la valeur de l’habitation). Cela signifie que l'emprunteur doit financer lui-même 10% du prix de son habitation. Ce financement vient s'ajouter aux autres frais qui s’appliquent lors de l'achat d'un logement, tels que les frais de notaire.

Cette situation crée ainsi un paradoxe sur le marché hypothécaire. En effet, toutes sortes de mesures sont prises afin de maintenir le niveau des crédits, mais celles-ci ne bénéficient qu’aux Belges capables de financer une partie de leur maison. Ceux qui souhaitent financer leur projet immobilier intégralement avec un prêt hypothécaire risquent bien de rester sur le carreau.