Une plainte de plusieurs associations européennes lancée contre le réseau social TikTok

Plusieurs associations de consommateurs en Europe, dont Test Achats en Belgique, annoncent le dépôt d'une plainte contre le réseau social TikTok accusé d'exploiter les droits et les données des utilisateurs, souvent très jeunes.

La Libre Eco avec AFP

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), qui rassemble plusieurs associations de consommateurs sur le Vieux continent, va saisir la Commission afin que soit lancée une enquête sur les pratiques de cette application très populaire de partage de vidéos, indique mardi l'association française UFC-Que Choisir. 

Il souhaite que l'UE fasse une enquête approfondie sur les pratiques de l'application lancée par une entreprise chinoise, et vérifient qu'elle respecte bien les droits des consommateurs dans l'UE, ainsi que le RGPD, le règlement européen sur la protection des données. Test Achats indique avoir également alerté l'Inspection économique en Belgique.

Entre guerre commerciale opposant Pékin à Washington, et faits divers, la populaire application de vidéos légères est régulièrement pointée du doigt à travers le monde.

TikTok avait restreint mi-janvier les paramètres de confidentialité de ses utilisateurs âgés de 13 à 15 ans quelques jours après que des observateurs ont accusé son algorithme de favoriser l'accès à des vidéos sexualisées mettant en scène des mineurs.

Les autorités italiennes avaient quant à elles bloqué fin janvier l'accès du réseau aux utilisateurs dont l'âge n'est pas garanti, après la mort d'une fillette de 10 ans en Sicile qui participait au "jeu du foulard" sur le réseau social.

Des contenus "potentiellement dangereux"

L'UFC-Que Choisir estime que le réseau social ne réussit pas à protéger les jeunes et cite des manquements dans la protection contre la publicité cachée et les contenus "potentiellement dangereux".

De plus, la plateforme accepte les inscriptions à partir de 13 ans, pourtant 45 % des enfants sous cet âge ont indiqué utiliser l'application en France, affirme Que Choisir.

L'UFC dénonce également le système trompeur des cadeaux virtuels visant à récompenser les vidéos préférées des internautes. TikTok "met tout en oeuvre pour que l'utilisateur oublie qu'il s'agit d'argent réel", affirme l'UFC, qualifiant ces pratiques de détestables.

L'association estime aussi que les données des utilisateurs sont surexploitées, contrairement aux obligations des RGPD, le règlement qui garantit aux usagers certains droits sur leurs données.

"Très concrètement, TikTok se donne le droit de faire ce qu'il veut des vidéos publiées: les utiliser, les modifier, les reproduire sans que les utilisateurs n'aient leur mot à dire", affirme encore Que Choisir.

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