Bientôt un "britcoin" au Royaume-Uni ? La chambre des Lords se montre sceptique

Le comité des affaires économiques de la haute chambre britannique affirme dans un rapport n'avoir "toujours pas entendu d'argument convaincant qui expliquerait pourquoi le Royaume-Uni a besoin" d'une devise numérique.

Le projet "monnaie numérique de banque centrale" (CBDC) avait été surnommé au Royaume-Uni "britcoin" par le ministre des Finances.
Le projet "monnaie numérique de banque centrale" (CBDC) avait été surnommé au Royaume-Uni "britcoin" par le ministre des Finances. ©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

Le projet d'une livre sterling numérique sur lequel planche la Banque d'Angleterre (BoE) laisse sceptique la chambre des Lords britannique, qui souligne jeudi les risques créés par une telle innovation sans y voir d'avantage concret. Le comité des affaires économiques de la haute chambre britannique affirme dans un rapport n'avoir "toujours pas entendu d'argument convaincant qui expliquerait pourquoi le Royaume-Uni a besoin" d'une devise numérique.

Comme de nombreuses institutions monétaires à travers le monde, dont la Banque centrale européenne (BCE), la BoE étudie la possibilité d'émettre une devise numérique, qui existerait parallèlement aux espèces et que les particuliers pourraient utiliser pour effectuer des paiements numérisés sans forcément passer par des banques.

Le projet "monnaie numérique de banque centrale" (CBDC) avait été surnommé au Royaume-Uni "britcoin" par le ministre des Finances.

Lutter contre les cryptomonnaies

Il s'agit notamment pour les banques centrales d'éviter de laisser cet espace aux acteurs privés (Facebook participe à la création du Diem, une cryptomonnaie qui serait calquée sur le cours de devises réelles) ou à une puissance étrangère (le yuan numérique est déjà en phase de test en Chine).

"Nous reconnaissons que cela représente un risque, mais l'introduction d'une CBDC n'est peut-être pas une réponse nécessaire ou complète", argue le comité de la Chambre des Lords. "Les entités privées qui sont de taille à rivaliser avec les systèmes de paiements traditionnels peuvent et doivent être régulés", proposent-ils.

Trop de risques selon la Chambre

La Chambre énumère les risques qu'elle voit dans ce projet : "la surveillance de l'Etat sur la façon dont les gens choisissent de dépenser leur argent, la possibilité de retraits massifs des banques vers la CBDC en cas de choc économique, une hausse du pouvoir des banques centrales, et la création d'un point faible centralisé qui pourrait être visé par des attaques" numériques.

"Si le gouvernement veut continuer" avec ce projet, "le Parlement devrait avoir la possibilité de voter sur la décision finale", conclut le rapport.

Les projets de la BoE et de la BCE, encore en phase d'étude, pourraient aboutir en 2025. Outre la Chine, des projets de monnaies numériques sous des formes variées sont en phase d'essai en Suède ou en Afrique du Sud. Ils ont déjà été lancés dans aux Caraïbes (Bahamas) ou en Afrique (Nigeria, Ghana).

=> Lire aussi "L'Europe doit être aux avant-postes" : ce que l'euro numérique changera pour les consommateurs.

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