Bruxelles ouvre une enquête sur un accord Google-Facebook

Cet accord baptisé "Jedi Blue" vise à asseoir la domination des deux groupes sur le marché de la publicité en ligne.

La Libre Eco avec AFP
Bruxelles ouvre une enquête sur un accord Google-Facebook
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La Commission européenne a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête sur l'accord conclu en 2018 par les géants américains de l'internet Google et Meta (maison mère de Facebook) dans la publicité en ligne, soupçonné d'enfreindre le droit de la concurrence de l'UE.

Cet accord, baptisé "Jedi Blue", est déjà dans le collimateur de la justice américaine qui accuse les deux groupes d'avoir conclu une entente "illégale" pour asseoir leur domination sur le marché de la publicité en ligne, en évinçant toute concurrence via les enchères publicitaires.

De même, Bruxelles soupçonne Facebook et Google d'avoir manipulé, au détriment de leurs concurrents, le système ultra perfectionné qui détermine quelles publicités s'affichent sur les pages web en fonction du profil anonymisé de l'internaute - ce qui pourrait être condamné dans l'UE comme accord anti-concurrentiel ou abus de position dominante.

"Si notre enquête le confirme, cela signifierait qu'ils faussent la concurrence sur un marché déjà très concentré, au détriment des technologies publicitaires de leurs rivaux, des éditeurs (de contenus) et finalement des consommateurs", a observé dans un communiqué la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager.

En pratique, Google fournit la technologie qui sert d'intermédiaire entre les annonceurs et les éditeurs de sites en mettant aux enchères en temps réel des espaces publicitaires d'affichage sur des sites web ou des applications mobiles, par le biais d'un "programme d'enchères ouvertes".

Aussi une enquête au Royaume-Uni

De son côté, Meta (Facebook) fournit des services d'affichage publicitaire en ligne et participe aux enchères pour les espaces d'éditeurs tiers, notamment en recourant aux technologies de Google.

"L'ouverture d'une enquête formelle ne préjuge pas de son issue", a souligné Bruxelles. Aucun délai légal n'est prévu pour la clôture d'une telle procédure, la durée des enquêtes variant fortement en fonction notamment de la complexité des affaires.

Fin 2020, Google a été visé par trois procédures antitrust aux États-Unis, notamment en raison de son accord avec Facebook : une coalition de 38 États et territoires américains l'a accusé d'exercer un "monopole illégal" sur la recherche en ligne et la publicité. Ces États accusent désormais les dirigeants les plus hauts placés de Google et Meta d'être directement impliqués.

L'accord "Jedi Blue" fait également l'objet d'une enquête de l'autorité britannique de la concurrence (CMA).

De son côté, Bruxelles avait déjà annoncé en juin 2021 l'ouverture d'une enquête contre Google pour pratiques anticoncurrentielles dans les technologies d'affichage publicitaire en ligne, en favorisant ses outils d'intermédiation entre annonceurs et éditeurs.

"Monopole illégal"

Pour autant, Google a été visé fin 2020 par trois procédures antitrust aux États-Unis. Une coalition de 38 États et territoires américains, ciblant l'accord avec Facebook, l'accuse d'exercer un "monopole illégal" sur la recherche en ligne et la publicité, et estime que les dirigeants les plus hauts placés des deux groupes sont "directement impliqués".

De son côté, Bruxelles avait déjà ouvert en juin 2021 une enquête contre Google pour pratiques anticoncurrentielles dans les technologies d'affichage publicitaire. Le même mois, l'Autorité de la concurrence française lui avait imposé une amende de 220 millions d'euros pour ses pratiques publicitaires.

Fondé en 1998 dans la Silicon Valley, Google a connu le succès avec son moteur de recherche, puis dans la cartographie (Google Maps), les courriels (Gmail) et le cloud, mais la publicité en ligne génère l'essentiel de ses revenus.

Alphabet (maison mère de Google) a réalisé un chiffre d'affaires de 75,3 milliards de dollars au dernier trimestre 2021, dont 61 milliards de recettes publicitaires. Le cabinet eMarketer estime que la publicité numérique devrait lui rapporter plus de 171 milliards de dollars cette année, soit 30 % du gâteau mondial, juste devant Facebook (23,7 % de parts de marché).