La "première école d'influenceurs de France" sous le feu des critiques

Certains ont dénoncé une arnaque sur base de plusieurs éléments problématiques.

J.F.
La "première école d'influenceurs de France" sous le feu des critiques
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Ils sont là, dans les campagnes, les villes, les réseaux sociaux. On parle bien sûr des influenceurs. Forts de leur communauté qui comprend parfois des millions de personnes, ces jeunes hommes et femmes agacent autant qu'ils font rêver. Les plus connus d'entre eux peuvent gagner de véritables fortunes, leur permettant de goûter à un luxe qui semblait jusque-là inatteignable.

Ambaza, la "première école d'influenceurs de France" a décidé de surfer pleinement sur les clichés de cette vie de rêve. Dans sa vidéo de présentation, "l'école" montre des yachts, du champagne coulant à flot, des beaux habits, de belles voitures... Bref, l'attirail de l'influenceur confirmé. Comme l'explique l'école, "devenir influenceur, ce n'est plus un rêve inatteignable". Elle propose en effet une formation de 28 heures pour apprendre à chacun les bases du métier. Contre la modique somme de 1.200 euros, n'importe quel candidat peut suivre les cours et remplir ses premiers objectifs. L'objectif numéro 1 est de collecter 20.000 abonnés sur Instagram. L'objectif numéro 2 est de gagner 5.000 euros par mois. Comparé à cela, le coût de la formation paraît bien minime. D'autant qu'il peut être réduit selon le profil du candidat.

Sur papier, l'offre paraît très alléchante. Dans les faits, plusieurs choses posent question.

Des indices interpellants

Premièrement, comme l'explique BFM, le site est édité par l'entreprise "Consumedias", immatriculée à Malte. Le nom de domaine, quant à lui, est enregistré aux Bahamas. Pour les fondateurs Nicolas Brzustowski et Rémy Halgrain, cela n'a toutefois rien d'étonnant. "Nous vivons à Malte", expliquent-ils au Figaro Etudiant.

Deuxièmement, le contenu de la formation est peu clair. Aucune information sur le contenu des "cours" ou l'identité des enseignants. Les fondateurs de l'école assurent toutefois travailler avec des professeurs en marketing digital et d'influence. Mais ils refusent de les nommer pour ne pas qu'ils soient entachés par la polémique. Dans ses conditions générales, Ambaza indiquait ne donner "aucune garantie quant à l’actualité, l'exactitude, l’exhaustivité, la facilité d'utilisateur ou l'adéquation à un certain but du contenu de ses plateformes". Rien de très rassurant donc...

Enfin, et c'est sans doute le plus interpellant, l'école n'est pas très présente sur les réseaux sociaux. Leur compte Twitter n'a que 4 abonnés, leur compte Instagram n'en compte que 3. Leur page Facebook n'a que 17 likes et leur compte Youtube ne contient que quelques vidéos. Pour des pros de l'influence, cela pose question. "Notre start-up n'est âgée que de quelques mois", expliquent-ils. "Cela prend du temps de recruter de bons community managers, les comptes réseaux sociaux sont en cours de création".

Concernant les avis sur internet, examinés par BFM, seuls deux sites mettent en valeur cette formation. Le premier est un site qui se fait passer pour le Conservatoire national des arts et métiers de Haute-Normandie. Le deuxième, baptisé "Quai des entrepreneurs", reprend à l'identique les arguments d'Ambaza et est aussi immatriculé aux Bahamas.

Malgré ces signe inquiétants, les fondateurs affirment, eux, que leur formation n'est pas une arnaque. "Nous aidons à former de bons profils, puis dans le futur, nous gérons leurs partenariats publicitaires. Nous gagnons de l'argent lorsque nos élèves réussissent", disent-ils. Chacun sera libre de se faire sa propre opinion.