Pourquoi la révolution numérique manque encore de cœur

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Roald Sieberath
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Un secteur qui "marche" est invité à partager, à poursuivre un objectif sociétal plus large que la seule croissance d’une start-up. ©Copyright (c) 2018 everything possible/Shutterstock. No use without permission.

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Le petit monde des start-up numériques a connu quelques vagues ces temps-ci. Les Digital Minds ont connu une démission et ont publié une feuille de route de 10 priorités. On a entendu beaucoup de discussions autour d’optimisations fiscales pour les développeurs, les travailleurs du code.

De quoi la communauté tech de notre pays a-t-elle le plus besoin ?

En méditant sur cette question, en discutant avec les uns et les autres, une impression ressortait : le besoin d’une véritable communauté, inclusive, où chacun peut se sentir membre et invité à être contributeur, à faire entendre sa voix. Un endroit où faire entendre la passion aussi, pas uniquement une sorte de discours "syndical", d’autant plus inaudible par la majorité de la population qu’il semble provenir d’une caste de privilégiés qui maîtrise le code et les codes du monde numérique.

La passion reste un élément nécessaire, pour avoir envie de se dépasser, comme dans un sport, dans des domaines techniques ou à la conquête de nouveaux marchés. L'entrepreneuriat tech, ce sont les emplois de demain, et je pense qu'ils peuvent être vécus comme une aventure passionnante, et moyennant les bons équilibres, loin du quiet quitting que l'on dénonce par ailleurs.

Enfin, un secteur qui "marche" est invité à partager, à poursuivre un objectif sociétal plus large que la seule croissance d’une start-up.

Le numérique est générateur d’emplois ? Il s’agit d’y sensibiliser et former, comme le font des projets comme EducIT, BeCode, ou LabOdoo.

Pour faire "palpiter" ces aspects essentiels autour du numérique (communauté, passion, générosité), il me semble qu'il faudrait que nous soyons dotés de Digital Hearts, pas uniquement de Digital Minds. Il peut s'agir des mêmes personnes, bien entendu, mais ne pas voir leur apport que sous l'angle purement rationnel des minds.

Et au-delà, c’est chacun des membres de la communauté tech qui est invité à faire preuve d’un esprit et d’un cœur : la révolution numérique n’est la bienvenue que si elle change la société (et nos vies) en mieux.