Le réseau social Gab a profité de la suspension de plusieurs comptes Twitter, dont celui du président Donald Trump, et de la mise hors ligne de son rival Parler pour gagner des centaines de milliers d'abonnés ces dernières heures, ont affirmé ses dirigeants.

Environ "600 000 à 700 000" internautes s'inscrivent actuellement chaque jour sur la plate-forme, a indiqué Andrew Torba, co-fondateur et directeur général de ce réseau social créé en août 2016, dans une vidéo postée lundi... sur Twitter. Gab a enregistré plus de 40 millions de visiteurs uniques sur la semaine écoulée, a-t-il ajouté, soit le quadruple de son trafic total de décembre, selon le site SimilarWeb.

Gab tend la main vers Donald Trump

Le site, dont le nom signifie "bavardage" en anglais, n'a pas communiqué de total d'abonnés à date. Sollicité par l'AFP, son responsable technique, Fosco Marotto, n'a pas immédiatement donné suite.

Dans son dernier rapport annuel, publié en avril 2019, Gab, basé en Pennsylvanie, disait compter plus de 900 000 abonnés.

"C'est notre heure", s'est réjoui Andrew Torba dans une autre vidéo postée vendredi sur Twitter. "C'est notre tour de briller."

Depuis minuit lundi, heure de Californie (08H00 GMT), le principal concurrent de Gab sur son créneau de la liberté d'expression sans restriction, Parler, a été mis hors ligne.

Cette suspension a suivi la décision d'Amazon de couper l'accès de Parler à ses serveurs, après que Google et Apple eurent retiré l'application de leurs plate-formes de téléchargement d'applications.

Andrew Torba a affirmé être en contact avec l'entourage de Donald Trump en vue de lui ouvrir un véritable compte sur Gab, que la plate-forme a déjà préparé. Il n'y a pour l'instant qu'un compte reprenant ses messages existants sur Twitter, fort d'1,1 million d'abonnés.

Déjà pointée du doigt par le passé

Tout comme Parler, Gab s'est imposé comme un refuge pour les partisans de Donald Trump et plus largement les tenants de la droite dure, même s'il récusait toute étiquette politique.

La plate-forme avait notamment été mise en accusation après que l'extrémiste Robert Bowers y avait posté plusieurs messages haineux avant d'attaquer, en octobre 2018, une synagogue de Pittsburgh et de faire 11 victimes.

Gab avait alors été privé d'accès aux serveurs de GoDaddy.com, qui l'hébergeait jusque-là. Il ne lui avait fallu qu'une semaine pour revenir en ligne.

Selon Andrew Torba, la plate-forme n'est aujourd'hui plus sous la menace d'une suspension car totalement indépendante.

Gab "protège l'expression légale" et écarte les propos incitant à la violence, ainsi que les contenus pornographiques, a-t-il affirmé dans plusieurs vidéos postées ces derniers jours.

Selon le New York Times, des manifestants présents mercredi à Washington se seraient coordonnés et galvanisés notamment via Gab. Une affirmation qu'a réfutée Andrew Torba.

"Ils essayent de présenter Gab comme un endroit où la violence est organisée, ce qui est absolument faux", a-t-il martelé. "Nous n'avons aucune tolérance pour la promotion de la violence."

"Parler" porte plainte

Dans le même temps, le réseau social conservateur Parler a porté plainte contre Amazon, qui l'a expulsé de facto d'internet en coupant l'accès à ses serveurs d'hébergement de données en raison de la persistance des messages d'incitation à la violence après l'assaut du Capitole.

Parler, qui estime que cette décision est motivée par des motifs politiques et par la volonté de réduire la concurrence au bénéfice de Twitter, demande au tribunal de prononcer une ordonnance temporaire contre Amazon en forçant le groupe à lui rouvrir ses serveurs.