La fonctionnalité ATT (App Tracking Transparency) obligera les applications mobiles à demander aux utilisateurs leur permission pour les suivre à la trace. C'est ce suivi qui permet aux réseaux et applications de pister la navigation des personnes pour récolter des données et vendre aux annonceurs des emplacements publicitaires ultra personnalisés.

"Certaines entreprises qui préfèreraient qu' ATT ne voit jamais le jour ont dit que cette fonctionnalité allait peser sur les PME en restreignant leurs options, mais en réalité, la course actuelle aux informations personnelles bénéficie surtout aux grandes sociétés disposant d'immenses stocks de données", écrit Jane Horvath, directrice d'Apple chargée du respect de la vie privée.

Sa lettre, datée de jeudi, s'adresse à plusieurs ONG, dont Ranking Digital Rights, Human Rights Watch et Amnesty International, qui ont reproché le mois dernier à Apple d'avoir retardé l'instauration d'ATT, originellement prévue pour la mise à jour du système d'exploitation mobile d'Apple (iOS 14).

"Nous avons retardé la sortie d'ATT au début d'année prochaine pour donner le temps aux développeurs d'adapter leurs systèmes", rappelle Jane Horvath. "Mais nous restons déterminés à l'installer".

Fin août, Facebook avait protesté contre ce changement des règles, qui va limiter ses possibilités et celles des développeurs d'applications tierces de cibler les utilisateurs d'iPhone avec des publicités.

Le réseau social avait indiqué avoir mesuré dans des simulations "plus de 50% de pertes de revenus lorsque la personnalisation des campagnes de publicité sur mobile est retirée".

"Trop souvent des informations sont collectées sur vous par l'éditeur sur une application ou un site web, et combinées avec des informations collectées séparément par d'autres sociétés à des fins de ciblage et de mesures publicitaires", note Jane Horvath.

"Le pistage peut être envahissant, et même désagréable, et prend souvent place sans que l'utilisateur ne soit au courant ou y ait consenti", continue-t-elle.

La directrice met en avant les pratiques d'Apple en la matière, qui dit ne pas pister ses clients et leur donner le choix de voir s'afficher des publicités personnalisées ou non.

"Par contraste (...) les dirigeants de Facebook sont clairs sur leurs intentions de récolter autant de données que possible via leurs produits et ceux des tiers, pour constituer et monétiser des profils de leurs utilisateurs", assène-t-elle.