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Vous avez probablement déjà entendu parler de Fortnite, un jeu vidéo basé sur le concept du Battle Royale (le but est de rester le dernier en vie, dans une bataille sans merci entre 100 joueurs sur une carte qui se réduit de plus en plus au fil du temps) et qui est un véritable phénomène chez les jeunes comme les moins jeunes.

Disponible sur presque tous les supports (PC, consoles et même smartphones), le jeu développé par la société américaine Epic Games a pris une ampleur colossale (financièrement ou en termes du nombre de joueurs, plus de 200 millions) et a atteint des sommets, un an seulement après avoir été lancé.

Évidemment, un jeu qui suscite autant d'intérêt et de passion peut provoquer des situations très extrêmes. Le jeu a un côté très addictif, et il n'est pas rare que des jeunes enfants ou adolescents y jouent des dizaines d'heures par jour, avec des conséquences néfastes.

Un article de Bloomberg explique notamment le combat (peut-être déjà perdu d'avance) que mène Debbie Vitany contre Fortnite. Son fils, Carson, a joué plus de 12h d'affilée, à tel point que ses professeurs ont déploré le fait qu'il s'endormait systématiquement en cours, avec à la clé une dégradation de ses notes. "Je n'ai jamais vu un jeu qui avait autant de contrôle sur l'esprit des jeunes", avoue-t-elle. Mais Mme. Vitany n'est pas seule dans son "combat". De nombreux parents, professeurs (et même des patrons) se soulèvent aussi contre le phénomène.

Des jeux vidéo ont même causé... des ruptures

Des parents sont tellement désespérés qu'ils ont même envoyé leurs enfants en "cure de désintoxication" au jeu. "Ce jeu, c'est comme de l'héroïne. Une fois que vous avez accroché, c'est dur d'en décrocher", explique Lorrine Marer, une spécialiste du comportement qui travaille justement avec des enfants envoyés combattre leur addiction.

"J'ai reçu un enfant de 13 ans dans mon bureau qui m'a dit avoir gagné plus de 300 parties sur Fortnite. J'ai dû m'arrêter quelques instants et calculer combien d'heures il avait dû passer sur le jeu pour y arriver", explique Randy Kulman, un pédopsychiatre américain de Rhode Island (atteindre les 300 victoires sur le jeu est soit le fruit de milliers d'heures de jeu, soit d'un niveau de jeu largement au-dessus de la moyenne).

Le "traitement détox" se déroule comme suit : les consoles sont mises de côté, évidemment, combiné avec une alimentation saine, des heures de sommeil et des thérapies de groupe.

Mais cette addiction ne concerne pas uniquement les plus jeunes. Un service de divorce en ligne britannique explique qu'à plus de 200 reprises, Fortnite ou un autre jeu vidéo était mentionné comme la cause de demande de divorce.

Le format du Battle Royale de Fortnite (qui est gratuit, donc très accessible) rend l'enchaînement des parties presque inéluctable, ce qui peut en partie expliquer ce phénomène.

L'appel au secours des parents contre l'addiction de leurs enfants ne datent évidemment pas d'hier, notamment avec les consoles Atari dans les années 1970 et 1980. Évidemment, aussi, le phénomène addictif au jeu reste marginal.