Le président Joe Biden va nommer à l'autorité américaine de la concurrence (FTC) la juriste Lina Khan, connue pour son hostilité aux monopoles des géants de la tech, rapportent mardi plusieurs médias américains.

Si elle est confirmée, cette nomination serait un signe supplémentaire de la volonté de la nouvelle administration d'engager un bras de fer avec Google, Amazon, Facebook et Apple autour de pratiques jugées anticoncurrentielles.

Enseignant le droit à l'université de Columbia, Mme Khan a récemment fait partie d'une équipe de chercheurs chargés de produire un rapport pour la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants.

Ce groupe de travail a sorti en octobre dernier un volumineux dossier, où il accuse les Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple) de monopoles et d'abus de position dominante dans leurs secteurs respectifs.

Un message clair envoyé aux GAFA

Mme Khan, 32 ans, a également été conseillère juridique de Rohit Chopra, un commissaire de la FTC que M. Biden a nommé pour diriger l'agence de protection des consommateurs dans le secteur financier (CFPB).

Cette universitaire s'était fait connaître dans le monde académique en 2017, alors qu'elle était encore étudiante, en publiant dans la revue de droit de Yale un article intitulé Le paradoxe antitrust d'Amazon.

Elle y estimait que l'arsenal législatif américain était insuffisant pour lutter contre les pratiques monopolistiques de groupes comme le géant du commerce en ligne.

Pour intégrer la FTC, composée de cinq membres (avec un maximum de trois membres issus du même parti politique), Mme Khan devra être approuvée par le Sénat.

Vendredi, Tim Wu, également professeur à Columbia et défenseur de lois anti-concentration beaucoup plus strictes pour encadrer le pouvoir des Gafa, a annoncé rejoindre le prestigieux Conseil économique national (NEC) de la Maison Blanche.

En choisissant de tels profils, l'administration Biden envoie un message de fermeté aux piliers technologiques américains, déjà visés par de multiples enquêtes et poursuites de la part des Etats, du Congrès, du ministère de la Justice et de la FTC.