Digital Une marque (Digital.Brussels) et un plan (NextTech) ont été adoptés. En voici les ambitions.

La Région bruxelloise se met "enfin" en état de marche pour faire de la Région-Capitale "un véritable centre de référence à l’échelle européenne" sur le terrain très convoité du numérique.

Les mots sont ceux de Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Economie, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Avec ses collègues en charge de la Transition numérique (Bianca Debaets) et de la Recherche scientifique (Fadila Laanan), M.Gosuin a dévoilé, cette semaine, "Digital.Brussels". "Une stratégie numérique unifiée qui se veut ambitieuse et coordonnée", a plaidé en chœur le trio bruxellois.

L’initiative fait penser à celle adoptée, fin 2015, par le gouvernement wallon (Digital Wallonia). Elle s’en différencie toutefois sur plusieurs points, notamment dans le choix des priorités et les moyens financiers alloués. "Le poids du numérique en Wallonie est de l’ordre de 1,7 % du PIB. Bruxelles, c’est 7,6 % et plus de 2 000 entreprises actives dans les technologies de l’information et de la communication (TIC)", cadre Juan Bossicard, manager chez Impulse (ex-Agence bruxelloise pour l’Entreprise) et l’une des têtes pensantes de Digital.Brussels. "Cela montre que l’écosystème numérique bruxellois a déjà atteint une maturité qu’on ne trouve pas encore en Wallonie."

La Région bruxelloise n’a effectivement pas à rougir des outils mis en place, au fil des dernières années, pour stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat dans le secteur du numérique. L’émergence des pôles "MedTech" et "FinTech" en témoigne. Là où le bât blesse, notamment par rapport à d’autres villes européennes (Londres, Amsterdam, Paris...), c’est dans le manque de coordination des initiatives publiques et privées. Et, ajoute M. Bossicard, dans "le fait que Bruxelles se vend excessivement mal alors qu’elle dispose de nombreux atouts".

Pas de nouvelles structures

Outre le volet "Smart City" piloté par Bianca Debaets, Digital.Brussels va se concrétiser par le plan "NextTech Brussels" (1) élaboré par le cabinet Gosuin. "Vingt mesures concrètes visant à booster l’entrepreneuriat TIC à Bruxelles." M. Bossicard précise qu’une dizaine de ces mesures seront lancées en 2017.

La spécificité de ce plan triennal, doté d’environ 8 millions d’euros, réside avant tout dans le choix de cibler trois technologies en plein essor dans le secteur du numérique : Internet des objets, Intelligence artificielle et "Big Data", Réalité virtuelle (VR) et Réalité augmentée (AR).

Une autre spécificité tient aux trois piliers d’action de NextTech. Le premier vise à faciliter les collaborations entre acteurs pu blics et privés du secteur numérique. "On ne va pas créer de nouvelles structures, rassure Julien Bossicard. Les outils, ils existent. L’idée est de les rationaliser et de les consolider pour gagner en efficacité opérationnelle." Un exemple : en janvier 2018, les agences Impulse, Atrium et Brussels Invest&Export seront fusionnées. Il est aussi prévu de soutenir l’émergence d’un accélérateur dédié aux trois technologies prioritaires. Innoviris a en outre prévu un budget de 4 millions pour "mettre une couche d’accompagnement" dans les incubateurs existants.

Deuxième pilier : la formation. "C’est capital pour le secteur ICT !", insiste Jean-Louis Van Houwe, fondateur de la "fintech" Monizze qui a été associé aux travaux de NextTech. "Il faut ouvrir les yeux des jeunes sur les opportunités offertes dans l’ICT, notamment par des formations en alternance."

Troisième pilier : le rayonnement de Bruxelles sur la scène numérique internationale. Cela passera par une présence renforcée dans les foires et salons incontournables sous l’ombrelle Digital.Brussels.Pierre-François Lovens

(1) Plus d’infos : www.nexttech.brussels