Spotify, leader mondial des plateformes musicales, a lancé jeudi un site internet pour tenter d'éclairer le circuit de rémunération des artistes, modèle sous le feu des critiques ces derniers mois.

"On lance au niveau mondial ce site internet pour dire on vous entend haut et fort", explique à l'AFP Antoine Monin, directeur de la musique pour Spotify France et Benelux.

"Les artistes réclament plus de clarté, d'explications, de transparence sur la rémunération liée au streaming musical et la contribution de Spotify", poursuit le responsable. "Spotify n'est pas le seul acteur concerné, mais comme il est leader sur le marché, il fait partie de ceux qui sont les plus interpellés. On entend ces critiques, on les prend à coeur."

Robert Smith, leader de The Cure, avait ainsi retweeté la pétition internationale "Justice at Spotify", qui demande à la plateforme de mieux rémunérer les artistes.

Un site didactique

Le site explicatif, lancé jeudi après-midi en anglais avant d'autres versions, est accessible à tous. Une petite vidéo explique ainsi ce que le grand public méconnaît : les plateformes musicales ne rétribuent pas directement les artistes, mais les ayants droit.

"Ce sont les labels, distributeurs, agrégateurs, organismes de gestion collective, etc, qui travaillent pour les artistes et sont des collaborateurs essentiels. Chacun a des accords différents avec les artistes", détaille Antoine Monin.

"On explique combien d'argent on met dans les tuyaux mais on ne peut pas savoir où ça va dans le détail", schématise le responsable.

Pas de solution plus égalitaire ?

Le système de répartition actuel des plateformes (un pot commun qui profite aux artistes les plus écoutés, pour résumer) ne permet pas d'établir non plus le revenu moyen d'un stream, contrairement à une idée reçue.

Spotify (345 millions d'utilisateurs revendiqués dans le monde) établit que 57 000 artistes sur sa plateforme concentrent 90 % des écoutes. La plateforme assure avoir reversé cinq milliards de dollars au total aux ayants droit en 2020.

La plateforme SoundCloud a elle abandonné le logiciel dominant, optant pour un nouveau système de rémunération des artistes basé sur les durées d'écoute de chacun. Une récente étude du Centre national de la musique (CNM) en France avait établi que changer de système de répartition ne modifierait pas grand chose pour les artistes actuellement marginalisés.