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Cela fera trois mois, vendredi prochain, que la Fédération Wallonie-Bruxelles s'est officiellement lancée dans le processus de migration vers la radio numérique hertzienne (mieux connue sous le nom de DAB+). Dans une première phase (qui se prolongera jusqu'à l'été), le DAB+ fait l'objet de tests auprès des auditeurs. Seize radios, celles de la RTBF et les réseaux privés - dont DH Radio, service édité par le groupe IPM - participent à ce test mené à Bruxelles et en Wallonie depuis le 15 novembre.

Une fois que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) aura bouclé la procédure d'attribution des futures fréquences numériques (1), l'ensemble des radios pourront accéderont à la diffusion en DAB+. "Le déploiement massif, toutes radios confondues, aura lieu après l'été. On ne connaît pas encore la date précise, mais cela devrait se faire à la rentrée", indique Francis Goffin, administrateur délégué de maRadio.be (société coopérative qui représente le secteur de la radio en Belgique francophone) et ex-patron des radios de la RTBF.

Profitant de la Journée mondiale de la radio qui a lieu ce mercredi, Francis Goffin a dévoilé ce matin, à Bruxelles, les premiers chiffres relatifs au déploiement de la radio numérique. Il l'a fait en présence de plusieurs acteurs du paysage radiophonique francophone belge et du président du CSA, Karim Ibourki. Depuis le 15 novembre, deux "multiplex" sont en test. Ils regroupent les radios de la RTBF et les différents réseaux privés. "La couverture est nettement meilleure que ce qui était prévu, s'est réjoui Francis Goffin. Avec les 17 sites d'émission utilisés lors de ce test, on atteint déjà 95% de l'ensemble de la population. En septembre, nous serons à 24 sites, ce qui permettra de couvrir 97% de la population". Il faudra attendre 2020 pour se rapprocher d'une couverture de 100%.

"On vend encore des radios FM/AM. C'est dramatique!"

Au-delà de la couverture en DAB+, le responsable de maRadio.be a livré les résultats d'une première enquête menée auprès d'un échantillon de 1.501 auditeurs francophones (dont seulement 72 étaient équipés d'un récepteur DAB+). Cette enquête a été réalisée par Ipsos du 8 novembre au 21 décembre. Elle nous apprend d'abord comment les auditeurs consomment la radio. Sans surprise, la FM reste très largement dominante, avec 80% du temps d'écoute total. Viennent, ensuite, Internet (9%), la télé numérique (6%), DAB/DAB+ (3%), les ondes moyennes (1%) et le câble coaxial (1%). Tout le défi, dans les mois et les années à venir, va consister à faire migrer les auditeurs de la FM vers le DAB+.

L'enquête Ipsos montre par ailleurs que la notoriété de la radio numérique est globalement bonne. "1 personne sur 5, souligne Francis Goffin, dit savoir, spontanément, ce qu'est le DAB+. Et quand on leur donne une définition de ce qu'est le DAB+, le pourcentage grimpe à 43%". Quand on les interroge sur les avantages du DAB+ par rapport à la FM, les répondants mettent avant tout en avant la qualité du son numérique et de la captation des chaînes. Enfin, et c'est la moins bonne nouvelle de l'enquête, les personnes sondées ne semblent pas du tout pressées à acquérir un récepteur DAB+.

Une grosse majorité affirme ne pas avoir l'intention d'acheter une radio numérique. "C'est le plus grand challenge du DAB+", confesse M.Goffin. Sur les 652.000 récepteurs radiophoniques vendus l'année dernière en Belgique (hors autoradios), seuls 14% étaient compatibles avec le standard DAB+. "On vend encore des radios FM/AM. C'est dramatique!".

Le secteur des radios belges francophones a été invité en novembre 2018 par le Vice-Président du gouvernement et ministre des Médias de la Fédération Wallonie Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, pour procéder au lancement officiel du DAB+. © JL Flémal


(1): Pour rappel, le processus actuellement en cours est inédit. Dans le cas des fréquences analogiques (bande FM), il s’agit de renouveler les licences attribuées en 2008 pour un nouveau bail de 9 ans. Il en va tout autrement pour les fréquences hertziennes numériques. Ce sera en effet la première fois que les services radiophoniques (publics comme privés) pourront postuler, pour une période de 9 ans, à des fréquences numériques (DAB+).

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