"Etant données les tentatives répétées d'organiser des événements pour contester le résultat du scrutin présidentiel américain, qui peuvent conduire à des violences, et l'utilisation de cette expression par ceux qui étaient impliqués dans les violences de mercredi à Washington, nous prenons des mesures supplémentaires à l'approche de l'investiture", indique le réseau social Facebook.

L'entreprise californienne a annoncé jeudi bloquer les comptes Facebook et Instagram de M. Trump, au lendemain des émeutes à Washington et de l'invasion du Capitole pendant plusieurs heures par des partisans du milliardaire républicain, qui a perturbé la validation par le Congrès de la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

"Notre interdiction est à durée illimitée. Nous avons dit qu'elle durerait au moins jusqu'à la transition présidentielle, mais nous n'avons pas l'intention de la lever", déclare Sheryl Sandberg, la numéro 2 du groupe.

Twitter a pris une décision plus radicale vendredi en supprimant le compte de M. Trump, le privant ainsi de son outil de communication préféré. Les profils du locataire de la Maison Blanche ont également été suspendus de services comme Snapchat ou Twitch.

Suppression des contenus "Stop au vol"

"Notre règlement s'applique à tous", défend Mme Sandberg. "Nous avons retiré des publications de Don Jr (le fils aîné de M. Trump, ndlr), nous avons retiré des publications d'autres dirigeants internationaux et d'autres responsables politiques. (...) Cela montre que même un président n'est pas au-dessus de notre règlement".

Facebook a décidé de maintenir une bonne partie de ses règles initialement prévues pour l'élection, comme la suspension de toutes les publicités liées à la politique ou aux scrutins. Supprimer tous les contenus avec le slogan "Stop au vol" pourrait prendre du temps reconnait le réseau social, qui a "déjà retiré un nombre significatif de messages".

Facebook avait justifié sa décision la semaine dernière en expliquant que les messages récents de M. Trump faisaient courir le risque de nouvelles violences. Mme Sandberg a assuré que Facebook avait appris de ses erreurs, après les nombreux ratés lors de l'élection présidentielle américaine de 2016.

Avant le scrutin présidentiel de novembre aux Etats-Unis, le réseau social avait multiplié les efforts pour démanteler des tentatives de désinformation et suspendu de nombreux comptes, groupes et pages à caractère violent ou haineux.

Interrogée sur le pouvoir parfois considéré comme démesuré des grandes plateformes numériques, Mme Sandberg assure être favorable à davantage de régulation et dit espérer travailler en ce sens avec l'administration Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier.

"Nous sommes une entreprise privée qui offre un service", précise-t-elle toutefois. "Il en va de notre responsabilité que ce service ne soit pas utilisé de manière inappropriée, comme cela s'est produit mercredi dernier".