Le pôle de compétitivité wallon Mecatech s'est engagé dans le projet IOT4Industry en 2019. Financé par la Commission européenne dans le cadre de l’appel Horizon 2020 - Innosup 1, l'initiative qui vient de prendre fin a donné naissance à 40 preuves de concept (POC) en Europe, grâce à un financement total de 3,7 millions d'euros. Sept démonstrateurs grandeur nature ont été développés par une quinzaine d'entreprises wallonnes, via une enveloppe de plus de 515 000 euros.

Les PME ont travaillé sur des preuves de concept destinées à numériser les outils et les moyens de production des entreprises industrielles, grâce aux technologies de l'internet des objets (IoT), du big data, de l'intelligence artificielle ou encore de la cybersécurité. A noter que l'IOT4Industry vient de recevoir l'European Cluster Partnership Award 2020, remis par l'European Cluster Collaboration Platform (ECCP) qui recense plus de 1000 clusters en Europe et dans le monde.

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L'importance de la maintenance prédictive

Parmi les démonstrateurs imaginés, on trouve ICLOS, porté par la société Lasea basée à Liège. L'innovation consiste en un système en boucle fermée incluant une intelligence artificielle, qui permet d’améliorer la qualité et la productivité des processus laser.

Dans le projet IOT4PM de la société tournaisienne B-Side, le but est de collecter (ou de calculer via des capteurs) les index moteurs sensibles d’engins de chantier. Ces données sont ensuite transmises par bluetooth à l’application mobile de Mobinome, qui les transmet à son tour en 4G à un logiciel de gestion de maintenance assistée par ordinateur. En cas d’anomalies, les opérateurs de maintenance reçoivent alors des alertes par email ou SMS.

De son côté, la PME montoise B-SENS a conçu une solution de télémétrie basée sur des capteurs équipés de fibre optique ou de semi-conducteurs, dans le but de mesurer des paramètres induisant des effets mécaniques sur divers types de pièces dans l’industrie aéronautique. Le projet est baptisé Sens4Com. Dans le cadre de I4Sugar, l'entreprise e-peas S.A. basée à Mont-Saint-Guibert a travaillé sur le déploiement de capteurs en vue de réaliser de la maintenance prédictive dans l’agroalimentaire, et plus particulièrement dans le secteur du sucre.

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De plus, la société namuroise Micromega Dynamics s'est impliquée dans l'initiative OffTech-SSC. L'entreprise a ainsi réalisé une étude de faisabilité pour la création d’une base de données sémantique orientée vers la maintenance prédictive. Et Spentys, dans le cadre du projet SEFAPOCA, a imaginé et validé une ligne pilote en impression 3D d’orthèses destinées au milieu hospitalier.

Enfin Metheore, une spin-off de l’Université de Liège, a créé le premier produit permettant de reconnaître la "morphologie" de pierres et des rochers au sein du projet LaserSieve.

8 % du chiffre d'affaires investis dans la transformation numérique

La démarche du projet IOT4INdustry est confortée par les résultats d'une étude tout juste publiée par PwC et l’Agence du Numérique (AdN). L'enquête a été effectuée dans le cadre de la stratégie Digital Wallonia, sur 26 entreprises régionales issues de six secteurs différents - qui représentent 21 000 salariés et un chiffre d’affaires de 11 milliards d’euros. Il en ressort que sur ces deux dernières années, les entreprises affirment avoir investi en moyenne à hauteur de 8 % de leur chiffre d’affaires par an dans leur transformation numérique.

De plus, les sociétés wallonnes entendent poursuivre sur cette lancée, et prévoient des investissements annuels de l’ordre de 10 % de leur chiffre d’affaires pour les cinq prochaines années.

Enfin, ce sont les impacts positifs qui les motivent à investir. A ce titre, 87 % des répondants affirment avoir déjà constaté les impacts de leurs investissements, essentiellement en termes de gain d’efficacité en production et de réduction des coûts.